Hollande : "Pour l'instant, ce que je pense, je ne vous le dis pas"

Hollande : "Pour l'instant, ce que je pense, je ne vous le dis pas"
François Hollande le 6 septembre 2017.

Orange avec AFP, publié le mercredi 06 septembre 2017 à 15h54

L'ancien président a officiellement pris mardi soir la présidence de la fondation "La France s'engage". Parmi les objectifs de la fondation : soutenir "tout ce qui peut créer de l'emploi".

François Hollande n'est plus président de la République, mais il compte bien continuer à peser dans le débat politique. Après avoir mis en garde Emmanuel Macron sur sa réforme du Code du travail mi-août, l'ancien chef de l'État a été élu mardi 5 septembre président par le conseil d'administration de sa fondation "La France s'engage", qui soutient des initiatives socialement innovantes.



Dans une interview exclusive sur France Info, François Hollande a expliqué qu'il entendait "contribuer à faire réussir (s)on pays". "L'engagement a toujours été au cœur de ma vie, ma vie publique", a-t-il expliqué. Il se défend cependant de vouloir utiliser la fondation à des fins politiques. "La fondation n'a pas de portée politique au sens où je voudrais utiliser une fondation pour faire de la politique", a-t-il assuré.

Pourtant, c'est une formule emblématique de son quinquennat qu'il a utilisé pour décrire l'intérêt de sa fondation. Parmi les objectifs de "La France s'engage" : soutenir "tout ce qui peut créer de l'emploi, toujours ma volonté d'inverser la courbe (du chômage), comme c'est le cas, il vaut mieux à ma place pouvoir aussi y contribue", a-t-il glissé.

NOUVELLE PIQUE À MACRON

Déclarée d'utilité publique en mars, la fondation prolonge le programme du même nom initié en 2014 par l'ancien chef de l'État et porté par l'ex-ministre socialiste de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner. Hébergée à la Station F, sous la Halle Freyssinet à Paris (XIIIe) et dotée d'un budget de 30 millions d'euros annuels (dont 16,5 millions venant des fondateurs privés BNP, Total, Andros et Artemis), la fondation est en train de recruter une équipe de huit personnes.

Aura-t-elle recours à des contrats aidés ? "Non, a répondu François Hollande, qui s'est néanmoins dit "très attaché aux emplois aidés, comme vous le savez", alors que le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé qu'il y en aura nettement moins l'an 2018. "Là, il s'agit d'emplois pérennes, durables", a-t-il justifié.

Interrogé sur le bilan de son quinquennat, François Hollande temporise. "J'aurai à revenir là-dessus, ne soyez pas pressé. Chaque chose doit se faire en son temps et lorsqu'il s'agira de regarder ce qui a été fait, ne vous inquiétez pas, vous me trouverez comme interlocuteur. Un livre viendra, il ne doit pas être précipité. Ce qui doit être fait, c'est surtout de tirer les leçons de ce qui a été réalisé pendant cinq ans."

"CE QUE JE PENSE, JE NE VOUS LE DIS PAS"

"Il n'est pas aujourd'hui utile de faire du commentaire politique, même si je comprends très bien que certain(e)s le fassent", a-t-il insisté mercredi 6 septembre devant les journalistes. "J'ai considéré que pendant un temps il fallait être en retenue, qu'il fallait aussi pouvoir dire ce qui a été fait pendant les cinq ans où j'ai été président", s'est-t-il justifié.



"Lorsque je considérerai qu'il y a des commentaires à faire, ou des leçons à tirer ou des propositions à faire, je prendrai la parole", a-t-il promis. "Ce sera un moment qui devra être particulièrement bien choisi, pour qu'il puisse être utile à la France. Pour l'instant, ce que je pense, je ne vous le dis pas."

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