Hijab de sport de Decathlon : Marlène Schiappa appelle à "prendre de la hauteur"

Hijab de sport de Decathlon : Marlène Schiappa appelle à "prendre de la hauteur"
Marlène Schiappa, le 3 octobre 2018.

, publié le mercredi 27 février 2019 à 15h00

Dans une tribune publiée ce mercredi 27 février sur le Huffington Post, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes dénonce l'attitude de "certains responsables politiques (qui) ne s'intéressent au droit des femmes à disposer de leurs corps que lorsqu'il s'agit de voile".

Le hijab de sport de Decathlon est au cœur de la polémique depuis le début de la semaine. Après avoir assumé dans un premier temps la commercialisation de cet accessoire destinée aux pratiquantes de course à pied et qui portent le voile, la marque de sport française a finalement renoncé à le vendre.



De nombreuses personnalités politiques, de gauche à droite, avaient critiqué cette initiative. Valérie Rabault, la présidente du groupe PS à l'Assemblée nationale, avait notamment demandé sur Twitter le "boycott" de la marque française, tout comme Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.



"C'est une vision de la femme que je ne partage pas.

J'aurais préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile", avait de son côté regretté la ministre de la Santé Agnès Buzyn, mardi 26 février, sur RTL.

Estimant que Decathlon "reni(ait) les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché et du marketing communautaire", la porte-parole des Républicains Les Républicains (LR) Lydia Guirous avait de son côté dénoncé "le silence assourdissant de Marlène Schiappa", qui "a pourtant le tweet facile".




La réponse de Schiappa

La secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes-hommes a finalement réagi ce mercredi 27 février à la mi-journée. Dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post, elle appelle "à prendre de la hauteur". 



"La vente de cet accessoire nouveau est parfaitement légale, comme l'a rappelé ma collègue Ministre des Sports. Mais je ne crois pas que le droit puisse être ici la seule grille de lecture, au détriment d'une analyse politique de ces faits", écrit-elle dans un premier temps. 

Marlène Schiappa dénonce ensuite l'attitude de "certains responsables politiques (qui) ne s'intéressent au droit des femmes à disposer de leurs corps que lorsqu'il s'agit de voile"."Quand avons-nous entendu nombre d'entre eux soutenir l'accès à la contraception pour toutes les femmes? Le droit à l'IVG? Le financement des centres de planification familiale? La lutte contre le harcèlement de rue?", poursuit-elle. 

La ministre se penche ensuite sur le sujet polémique. "Je ne crois pas que porter le voile soit un signe de liberté, (...)d'émancipation des femmes", estime-t-elle, soulignant qu'il s'agit de sa "conviction". "Dès lors que c'est leur choix, leur liberté de conscience, il ne me semble pas opportun d'interdire aux femmes de porter un hijab, ou tout autre accessoire similaire tant qu'il respecte la loi", écrit-elle. 

"Au-delà des principes, il y a des personnes", affirme-t-elle néanmoins, avant de s'interroger : "Quel message la France adresse-t-elle aux femmes courageuses qui, dans plusieurs pays du monde, retirent leur voile au péril de leur vie? Quel message adressé aux jeunes filles qui, en France même, n'ont pas d'autres choix que de se couvrir toujours davantage avant de sortir de chez elles? Le choix pour ces femmes devrait-il se résumer à un dilemme tel que : rester chez soi ou sortir couvertes?". Elle l'assure : "La réponse à ces questions ne se trouve pas chez un équipementier, c'est une réponse politique".

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