Hidalgo veut tourner la page d'une Europe des "coups de menton" de Macron

Hidalgo veut tourner la page d'une Europe des "coups de menton" de Macron
La maire de Paris et candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, le 12 novembre 2021 à Paris

publié le samedi 04 décembre 2021 à 13h33

La candidate socialiste à la présidentielle Anne Hidalgo veut "retrouver une Europe puissante et humaniste", critiquant l'action en la matière d'Emmanuel Macron qui s'est selon elle "limitée à des coups de menton".

Ce qui manque à l'Europe, "c'est une capacité à parler d'une seule voix sur les principaux dossiers, en particulier celui des migrants, de la transition écologique et de la démocratie", estime Mme Hidalgo dans une interview au Figaro.

Emmanuel Macron "avait placé sa candidature en 2017 sous le sceau des valeurs européennes, mais son action s'est limitée à des coups de menton à prendre le pouvoir sans associer qui que ce soit" et "cela a produit des échecs", poursuit-elle alors que la France va prendre la présidence de l'UE au premier semestre 2022.

Avec Olaf Scholz, prochain chancelier en Allemagne, "onze pays sont dirigés aujourd'hui par des sociaux-démocrates - qui tous me soutiennent - et demain, je l'espère, la France", souligne la candidate socialiste.

"Ce contexte politique crée de nouvelles opportunités", pour une Europe de la défense, en matière énergétique et encore pour une révision des règles budgétaires synonymes actuellement de "politiques d'austérité".

Concernant les migrants, "un des grands défis auxquels l'Europe et la planète tout entière sont confrontées", "nous devons promouvoir une répartition équilibrée entre les différents pays", poursuit Mme Hidalgo.

"Ce qui a manqué dans cette Europe, à Emmanuel Macron en particulier, (c'est) le sens de la négociation", attaque-t-elle aussi au sujet des migrations. "Pourquoi, par exemple, ne pas mettre en perspective une coopération renforcée entre pays réellement volontaires pour trouver des solutions?", demande-t-elle.

Mme Hidalgo épingle au passage l'attitude du chef de l'Etat face au Premier ministre britannique Boris Johnson, la comparant à "un combat de coqs". Emmanuel Macron a critiqué fin novembre des méthodes "pas sérieuses" de M. Johnson, qui avait publié sur Twitter une lettre demandant que la France reprenne les migrants arrivant au Royaume-Uni.

"Cette attitude (du président français) sert Boris Johnson, dont l'unique objectif est de conforter sa position politique nationale anti-européenne et de masquer ses difficultés domestiques", pointe la maire de Paris qui l'a "beaucoup côtoyé" lorsqu'il était maire de Londres. 

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