Heures, attestations, commerces... Jean Castex précise la mise en œuvre du couvre-feu

Heures, attestations, commerces... Jean Castex précise la mise en œuvre du couvre-feu©Panoramic

, publié le jeudi 15 octobre 2020 à 14h25

Au lendemain des annonces du chef de l'Etat et de la mise en place samedi 17 octobre d'un couvre-feu en Ile-de-France et dans huit grandes métropoles, le Premier ministre a précisé sa mise en œuvre en compagnie de quatre de ses ministres.

Dès samedi 17 octobre, minuit, la vie de bon nombre de Français va de nouveau changer. C'est ce qu'a annoncé Emmanuel Macron mercredi soir lors d'une allocution télévisée aux allures de mise en garde vis-à-vis de la circulation de la Covid-19.

Mesure "phare" pour contrer la diffusion de l'épidémie : un couvre-feu qui entrera en vigueur dès samedi dans huit grandes métropoles ainsi qu'à Paris et en Ile-de-France. Le Premier ministre Jean Castex est intervenu au lendemain de cette interview, où il a précisé certaines mesures et recommandations. Il était accompagné des ministres de l'Economie, Bruno Le Maire, de la Santé, Olivier Véran, de l'Intérieur, Gérald Darmanin et du Travail, Elisabeth Borne, seront également présents.

"Délai d'adaptation"

Dans les faits, Emmanuel Macron a annoncé sa mise en place samedi à minuit, mais l'Elysée précise qu'il "ne sera plus possible de circuler dans les rues des zones en état d'urgence sauf muni d'une attestation dérogatoire à partir de vendredi minuit". La violation du couvre-feu entrainera dès lors une amende 135 €. Le décret rétablissant l'état d'urgence sanitaire a quant à lui été publié ce jeudi matin au Journal officiel. Le Premier ministre a précisé qu'il avait  "vocation à durer". 


Quatre ou six semaines ?

"Tous les outils liés au couvre-feu seront mis en place et disponibles au moment où il rentrera en vigueur", avait par ailleurs indiqué Gabriel Attal, évoquant notamment les dérogations. Il a concédé qu'il y aurait "un délai d'adaptation et de pédagogie, comme à chaque fois qu'on a mis en place des nouvelles règles."
Pour le moment, le couvre-feu a été décrété pour quatre semaines, mais il pourrait être étendu au 1er décembre si le Parlement donne son aval.

Des déplacements sur dérogation

S'agissant des déplacements, Jean Castex a indiqué qu'une attestation était disponible sur le site du gouvernement. "Certains déplacements seront autorisés, pour raison de santé, pour des raisons professionnelles, si vous travaillez de nuit, si vous avez un train ou un avion qui arrive ou part après 21h, si vous devez vous rendre auprès d'un proche en situation de dépendance, pour sortir votre animal de compagnie près de chez vous", a-t-il détaillé.



Revenant sur la situation sanitaire, le Premier ministre a rappelé que les hôpitaux commençaient à être saturés. "Il ne suffit pas de s'équiper, il faut aussi former des personnels, c'est impossible en quelques mois. La seule solution c'est le freinage", a-t-il alerté.

Télétravail préconisé

La ministre du Travail Élisabeth Borne a expliqué à son tour qu'un nouveau protocole devra être mis en place au sein des entreprises : "Il est demandé aux entreprises de définir un nombre de jours minimal de télétravail par semaine pour les postes qui le permettent, mais aussi d'étaler les heures d'arrivée et de départ. Cela doit faire l'objet d'un dialogue social au sein de l'entreprise et nous souhaitons l'appliquer dès la semaine prochaine", a-t-elle précisé.

Bruno Le Maire a réaffirmé que les prêts garantis par l'Etat (PGE) seront prolongés de six mois (30 juin 2021) et que "toutes les entreprises fermées administrativement pendant le couvre-feu bénéficieront d'une exonération totale des cotisations sociales et patronales jusqu'à la fin du couvre-feu".

Pour le moment, le chef de l'Etat a indiqué que les Français pourraient partir en vacances. Enfin, se pose aussi la question des commerces ouverts après 21 heures. En Allemagne par exemple, seules les pharmacies et stations-services peuvent rester ouvertes. Au total, ce ne sont pas moins de 20 millions d'habitants qui sont touchés par ces mesures. Le gouvernement espère faire baisser le nombre de contaminations par jour de plus de 20 000 actuellement, à "3 000 ou 5 000".

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