Hauts-de-France : le bon coup de Xavier Bertrand avant 2022

Hauts-de-France : le bon coup de Xavier Bertrand avant 2022
Xavier Bertrand, en mai 2021

publié le lundi 21 juin 2021 à 09h54

En 2015, le président des Hauts-de-France n'avait dû son salut qu'au désistement de la liste socialiste. Cette fois, il n'aura à compter que sur ses propres forces pour valider sa reconduction à la tête de la région, avant d'entrer dans la course à l'Elysée.

Entre recul marqué du RN et déroule des marcheurs dans les Hauts-de-France, le président sortant Xavier Bertrand s'est assuré au premier tour une confortable avance pour boucler sa reconduction et légitimer ses ambitions présidentielles, la gauche étant pour sa part en bonne voie pour revenir dans l'hémicycle.

"La politique doit un peu moins la ramener, et un peu plus bosser", a t-il lancé, lundi 21 juin, faisant valoir son mandat à la tête de la région et son travail pour faire "reculer le Rassemblement national".

En bonne position, Xavier Bertrand rappelle toutefois que le scrutin n'est "pas gagné". "Un escalier se monte marche par marche". "La première marche, c'était le premier tour. La deuxième marche ce sera dimanche prochain. Pas question de se dire autre chose que 'c'est dimanche et pas avant'". Avant une troisième marche en 2022? "Il y a une deuxième déjà", a t-il tempéré, à l'antenne de BFMTV.


"Ici nous avons desserré, pour les briser, les mâchoires du Front national, leur démagogie, leurs propositions stériles, leur intolérance, tout ce qui divise et tout ce qui est le Front national", s'était-il félicité dimanche soir, alors que les résultats définitifs le créditent de 41,39% des voix. En 2015, arrivé en deuxième place derrière Marine Le Pen au premier tour avec 24,97% contre 40,64%, il n'avait dû son élection qu'au désistement de la liste socialiste. 

Celui qui s'était présenté comme le seul à pouvoir faire barrage au RN, les yeux rivés sur l'Elysée, a largement distancé son rival Sébastien Chenu, qui n'engrange que 24,38%, dans une région de 6 millions d'habitants, parmi les plus pauvres de France. 

Le lieutenant de Marine Le Pen, ex-UMP, qui se pose en seule force "d'alternance" dans la région a appelé à "combattre le système Bertrand-Macron", et à une "mobilisation exceptionnelle" des électeurs RN, alors que l'abstention a grimpé à 67,15%, toujours selon des résultats partiels, contre 45,19% au premier tour en 2015. 

Mais ses chances de rattraper son retard apparaissent d'autant plus minimes que LREM - avec laquelle Xavier Bertrand avait d'emblée exclu toute alliance, a échoué à se qualifier, avec 9,13%. Sa tête de liste, le secrétaire d'Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski, a appelé à voter pour le président sortant. 

Le camouflet est sévère pour la majorité présidentielle, qui avait mobilisé cinq ministres, dont le poids lourd du gouvernement Eric Dupond-Moretti, face au RN, mais aussi pour affaiblir le rival potentiel d'Emmanuel Macron.
 

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