Hausse des prix à la pompe : Bruno Le Maire plaide pour un chèque carburants

Hausse des prix à la pompe : Bruno Le Maire plaide pour un chèque carburants
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

publié le lundi 18 octobre 2021 à 10h35

Selon le ministre de l'Economie, une baisse des taxes pour soutenir les Français seraient une mesure injuste, très chère pour l'Etat et anti-écologique. 

Bruno Le Maire "davantage favorable" à la création d'un chèque carburants, sur le modèle du chèque énergie, qu'à une baisse des taxes sur le gazole et l'essence. Invité d'Europe 1 lundi 18 octobre, il a jugé qu'une baisse des taxes était "injuste" car elle ne ciblerait pas les ménages qui en ont le plus besoin. "Quelqu'un qui aurait un gros 4x4 motorisé qui fonctionne au diesel recevrait la même aide de l'Etat qu'une aide-soignante obligée de prendre sa Clio pour sillonner les routes pour faire son travail", a-t-il illustré. 
 




De plus, la mesure "coûte très cher", car une baisse de un centime, peu perceptible pour les usagers, représente "un demi milliard d'euros" en moins dans les caisses de l'Etat. Par ailleurs, "c'est une subvention à des carburants fossiles, précisément ce qu'on veut éviter" dans la stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, a encore affirmé le ministre de l'Economie.

Toutefois, "il reste du travail à faire" pour mettre au point un chèque carburants pour compenser la hausse des prix à la pompe, a-t-il.

L'enjeu est "surtout (de) savoir que ça puisse arriver le plus rapidement possible vers les Français" qui en ont besoin, a-t-il expliqué.

Une réponse à Xavier Bertrand

Le ministre de l'Economie a également répondu à Xavier Bertrand, qui a accusé l'Etat d'avoir empoché deux milliards d'euros de taxes supplémentaires avec la flambée des prix du carburant. 


"L'Etat ne se fait pas d'argent sur le dos des Français, c'est un mensonge. Aujourd'hui il va gagner sur 2022, si les prix restent au même niveau, 2,5 milliards d'euros de TVA supplémentaire. Si on prend la même année 2022 et qu'on regarde le prix du chèque énergie qui a déjà été augmenté à hauteur de 600 millions d'euros, si on regarde le plafonnement du prix du gaz annoncé par le Premier ministre et le plafonnement du prix de l'électricité à 4%, il y en a pour 5 milliards supplémentaires (...). Donc d'un côté l'Etat va dépenser 5,6 milliards d'euros pour protéger les ménages les plus modestes et de l'autre il va engranger 2,5 milliards. Sauf à ce que Xavier Bertrand ne sache pas calculer, ce que je ne peux pas imaginer, l'Etat va dépenser deux fois plus qu'il ne va gagner", a comptabilisé le ministre. 

Des mesures contre la flambée du prix de l'énergie 

Le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises qu'il réfléchissait à la mise en place d'un dispositif pour faire face à la flambée des prix des carburants. "Il y aura une action de court terme", a affirmé vendredi Emmanuel Macron. L'exécutif a déjà mis en place le mois dernier, avec un versement prévu en décembre, un chèque énergie exceptionnel de 100 euros pour les près de 6 millions de ménages bénéficiant déjà de ce dispositif pour un coût estimé à 600 millions d'euros. Par ailleurs, le plafonnement de la hausse des prix de l'électricité prévue en février coûtera à l'Etat 5 milliards d'euros.

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