Hausse des carburants : les pistes du gouvernement sont-elles suffisantes ?

Hausse des carburants : les pistes du gouvernement sont-elles suffisantes ?
Les prix à la pompe à essence flambe et les Français sont de plus en plus mécontents (photo d'illustration).

, publié le mercredi 07 novembre 2018 à 07h00

Refonte du chèque énergie, défiscalisation des aides au transport, discussions avec les entreprises : le gouvernement a précisé mardi 6 novembre ses pistes pour accompagner les ménages pénalisés par la flambée des prix des carburants.

Interrogé sur le mouvement de fronde antifiscale qui agite depuis plusieurs semaines une partie de la population, Emmanuel Macron a dit une nouvelle fois mardi matin 6 novembre "comprendre" cette "colère", lors d'un entretien diffusé sur Europe 1."Le gouvernement ne se trompe pas, il va dans la bonne direction", a affirmé le président de la République. Mais "il faut aider nos citoyens les plus modestes qui n'ont pas le choix".

Pris à partie quelques heures plus tard par des habitants dans les rues de Verdun, il a assuré vouloir "apporter des solutions en profondeur". "On n'écrase personne", a-t-il insisté, promettant de "trouver un mécanisme" pour "accompagner" les ménages qui connaîtraient des difficultés.



Élargir les conditions d'accès au "chèque énergie"

Première piste évoquée : un élargissement des conditions d'accès au "chèque énergie", versé aux Français les plus modestes peinant à se chauffer, et qui doit passer en 2019 à 200 euros en moyenne contre 150 euros cette année.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a jugé nécessaire de rendre "plus simple" ce dispositif, créé pour remplacer les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz, et versé à environ 3,7 millions de ménages.

Des indemnités pour les salariés en voiture

Concernant les travailleurs contraints de prendre leur véhicule, le gouvernement a confirmé que les indemnités versées par les régions, comme le font les Hauts-de-France, qui versent 20 euros par mois à partir de 60 km aller-retour de trajet quotidien, seraient "défiscalisées".

Ces aides versées par les collectivités résultent d'une "bonne philosophie", a estimé le chef de l'État, assurant que cette "défiscalisation", pour l'instant très théorique, s'agissant d'aides n'existant pas en dehors des Hauts-de-France, serait généralisée à l'ensemble du territoire.

Les solutions devront "répondre exactement aux besoins exprimés", a plaidé Gilles Le Gendre, chef de file La République en marche (LREM) à l'Assemblée nationale, assurant que les députés de la majorité travaillaient à des réponses "très ciblées".

L'opposition pas convaincue

Les pistes avancées par l'exécutif ont suscité l'incompréhension au sein de l'opposition, mais aussi chez les élus régionaux.

C'est à l'État "de financer les mesures palliatives en termes de pouvoir d'achat", le rôle des régions "n'est pas de compenser les mesures fiscales nationales", a affirmé l'association Régions de France, présidée par le centriste Hervé Morin.

Emmanuel Macron "est un pompier pyromane: il propose un allègement de taxes pour compenser une augmentation des taxes", a réagi la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet, le président du parti Laurent Wauquiez dénonçant lui "un marché de dupes".

Pour Marine Le Pen, la proposition d'Emmanuel Macron est "assez gonflée". Il "transfère aux régions (...) le soin de compenser l'hyperfiscalité qu'il a décidée sur les carburants", a déclaré la présidente du Rassemblement national (ex-FN), dont le parti participera aux manifestations du 17 novembre.

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