Guadeloupe: Mélenchon dénonce "l'utilisation électorale de la répression"

Guadeloupe: Mélenchon dénonce "l'utilisation électorale de la répression"
Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon le 17 novembre 2021 à Paris

publié le mardi 23 novembre 2021 à 16h55

Le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a demandé mardi à l'exécutif de "renoncer à l'utilisation électorale de la répression" en Guadeloupe, en proie depuis une semaine à une flambée de contestation violente, le gouvernement reprochant en retour aux Insoumis d'"encourager le désordre".

"Le gouvernement doit renoncer à l'utilisation électorale de la répression en Guadeloupe et dans les territoires et départements d'outre-mer pour incarner, dans l'élection, le parti de l'ordre", a affirmé M. Mélenchon lors d'un point-presse à l'Assemblée nationale.

Très critique sur la politique gouvernementale vis-à-vis des Outre-mer, M. Mélenchon a estimé que le "fond de l'affaire" était "l'exaspération contre l'état d'abandon".

Rappelant les manquements dans la distribution de l'eau, le scandale du chlordécone, un pesticide répandue dans les bananeraies, le chômage endémique chez les jeunes en Guadeloupe, le leader insoumis juge "évident" que la situation sur l'île antillaise aille "au-delà d'un incident". 

"A tel point qu'on se demande si d'aucuns n'ont pas eu l'idée d'organiser un bras de fer pour prouver leur autorité", a-t-il encore relevé.

Soucieux de ne "surtout pas résumer la situation aux flammes et aux incendies", Jean-Luc Mélenchon a fait valoir qu'envoyer des unités du GIGN et du Raid, deux forces d'intervention du ministère de l'Intérieur, était une "provocation absolument inutile".

"On ne peut pas vouloir maintenir à la chicotte des gens en rang", a-t-il encore ajouté. 

"La question de fond qui est posée ce sont les questions sociales et c'est le désamour qui est en train de s'installer avec la patrie commune", a-t-il mis en avant. 

Quelques heures plus tard, Jean-Michel Blanquer - qui s'exprimait au nom du Premier ministre, malade du Covid-19 - a accusé les Insoumis d'"encourager le désordre" et de "souffler sur les braises", lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Dans sa réponse à la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, dont la question reprenait les reproches de M. Mélenchon, M. Blanquer a fait valoir que le gouvernement avait investi "600 millions (d'euros) pour un nouvel hôpital public en Guadeloupe", ainsi que "100 millions" pour améliorer le réseau d'eau.

"Dès qu'il y a un problème quelque part, vous avez envie de l'exploiter: vous n'aimez pas les solutions, vous aimez les problèmes", a encore lancé le ministre de l'Education à la députée du Val-de-Marne.

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs taclé l'issue de la réunion de lundi soir entre le gouvernement et les élus de Guadeloupe. "On ne peut pas rester sur le régime paternaliste et d'admonestation d'hier soir. La Guadeloupe n'est pas une île peuplée d'enfants", a-t-il critiqué en demandant au gouvernement de "mettre des choses tangibles sur la table", à commencer par promettre de ne pas licencier ou suspendre "les personnels qui ne sont pas vaccinés". 

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