Grogne des policiers : les heures supplémentaires seront payées, assure Laurent Nuñez

Grogne des policiers : les heures supplémentaires seront payées, assure Laurent Nuñez
Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez le 12 décembre 2018.

, publié le mercredi 19 décembre 2018 à 10h10

Le coût des millions d'heures supplémentaires impayées est estimé à 274 millions d'euros. "Ce paiement sera effectif selon un calendrier que nous allons définir", a assuré ce mercredi matin le secrétaire d'État à l'Intérieur.

Mobilisation des "gilets jaunes", menaces terroristes, manifestations lycéennes...

La grogne prend de l'ampleur dans les rangs des forces de l'ordre, largement mises à contribution ces derniers temps. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a reçu mardi soir trois organisations syndicales représentatives chez les gardiens de la paix : Alliance, Unité-SGP-FO et Unsa-Police. Après trois heures de discussions, celles-ci ont été suspendues et reprendront ce mercredi 19 décembre, ont annoncé les syndicats.



En attendant, Unité-SGP-FO a rejoint le mouvement initié par Alliance sur le mot d'ordre "fermons les commissariats". Ce dernier a demandé "à tous les policiers de France de ne sortir que sur appel" d'urgence mercredi.

274 millions d'euros d'heures supplémentaires à payer

Les syndicats réclament notamment le paiement du stock d'heures supplémentaires. Selon un rapport sénatorial publié en juin 2018, "le stock d'heures supplémentaires non récupérées par les personnels de la police nationale et non indemnisées s'élevait, à la fin 2017, à 21,82 millions d'heures, niveau jamais atteint à ce jour". "Je pense qu'on est aujourd'hui à 25 millions d'heures supplémentaires non payées", a estimé de son côté auprès du Figaro Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP-Police-FO.

"En gros, c'est trois millions d'heures supplémentaires qui sont créées chaque année. Payer l'ensemble de ces heures, c'est un coût qui représente 274 millions d'euros", a précisé ce mercredi matin le secrétaire d'État Laurent Nuñez sur RMC. Interrogé sur leur paiement, il a répondu par l'affirmative : "ce paiement sera effectif selon un calendrier que nous allons définir, je vous le confirme. C'est ce dont nous discutons avec les organisations syndicales".



Mardi, Christophe Castaner avait rappelé que ce stock d'heures supplémentaires avait commencé à s'accumuler non pas "ces derniers mois" ou "cette dernière année, mais depuis des dizaines d'années. C'est un chantier que je veux ouvrir".

Une prime de 300 euros votée

Pour calmer la colère, le gouvernement a d'ores et déjà proposé une prime de 300 euros aux forces de l'ordre mobilisées face aux "gilets jaunes". Un amendement en ce sens a été adopté dans la nuit de mardi à mercredi à l'Assemblée dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2019. La prime doit bénéficier à 111.000 policiers et gendarmes pour un coût total d'environ 33 millions d'euros.

D'après Laurent Nuñez, ce chiffre "une base de départ". "On discute actuellement du périmètre, c'est-à-dire le nombre de policiers et de gendarmes qui pourraient être concernés", a-t-il ajouté.

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