Grève du 5 décembre : Agnès Buzyn dénonce "des revendications très corporatistes" des syndicats

Grève du 5 décembre : Agnès Buzyn dénonce "des revendications très corporatistes" des syndicats
Agnès Buzyn, le 11 octobre 2019 à Paris.

, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 12h32

À deux semaines de la grève contre la réforme des retraites, la ministre de la Santé a estimé jeudi matin sur Franceinfo que les syndicats ne voulaient pas de la réforme "parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux".

Alors que la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites s'annonce très suivie, la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est montrée très critique ce jeudi 21 novembre envers les syndicats. 




"Ce sera une mobilisation importante, nous le savons", a répondu la ministre sur Franceinfo au sujet de la grève interprofessionnelle prévue par la CGT, FO, la FSU et Solidaires aux côtés de plusieurs syndicats de la RATP et de la SNCF, d'Air France ou encore du Conseil national des barreaux, qui représente les avocats.

Le gouvernement en tiendra-t-il compte ? "Nous verrons", a répondu la ministre, rappelant que des discussions étaient en cours avec les organisations syndicales sur le futur système universel de retraites à points voulu par l'exécutif en lieu et place des 42 régimes existants.

"Ils ne veulent même pas d'une réforme par points"

"Les Français doivent quand même réaliser que ce sont aujourd'hui des syndicats qui défendent des régimes spéciaux extrêmement déficitaires qui sont payés par nos impôts et donc ce sont des revendications très corporatistes", a fait valoir Mme Buzyn. "Ce sont des gens qui ne connaissent pas la réforme et qui juste ne veulent pas d'une réforme parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux", a-t-elle poursuivi.

Interrogée pour savoir si les cheminots ne connaissent pas la réforme, la ministre a répondu : "ils ne veulent même pas d'une réforme par points". "Ils ne veulent pas de réforme qui vise à l'universalité, c'est-à-dire que tous les Français soient traités pareil".

Le gouvernement souhaite "que nous ayons un seul système de retraite unique pour chacun d'entre nous et là, avant même d'avoir un texte de loi, ces régimes spéciaux font grève parce qu'ils veulent garder évidemment leurs avantages acquis" a déploré Mme Buzyn. "Ils ne disent pas 'on n'est pas d'accord avec votre réforme', ils disent 'nous n'en voulons aucune'", a-t-elle insisté.

La date d'application de la réforme encore en suspens

Dans cette future réforme des retraites, "tous ceux qui ont acquis des droits jusqu'à la mise en œuvre de la réforme (...), et qui sont rentrés dans un système, auront leurs droits totalement préservés", a par ailleurs assuré. La réforme des retraites "ne touche pas les retraités actuels, ni ceux qui sont à moins de 5 ans de la retraite", explique-t-elle. Cette réforme a pour but de défendre "les jeunes qui entrent dans la vie active aujourd'hui, qui vont avoir des parcours beaucoup plus diversifiés et qui ne vont pas avoir de statut pérenne toute leur vie", a-t-elle reconnu. C'est pour cela qu'"il faut leur assurer un système de retraite qui leur garantisse une retraite correcte".

"Nous allons décider de la génération à laquelle" cette réforme "va s'appliquer", précise Agnès Buzyn, alors que la "clause du grand-père", qui signifierait que la réforme ne s'applique qu'à ceux qui ne sont pas encore entrés dans la vie active. Dans le rapport de Jean-Paul Delevoye, il était prévu que la réforme s'applique à ceux nés après 1963, mais la ministre n'a pas écarté la possibilité que ça puisse "être décalé dans le temps".

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