Grève contre la réforme des retraites : "Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui remplit le frigo à la fin du mois", fustige le patron de l'Unsa

Grève contre la réforme des retraites : "Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui remplit le frigo à la fin du mois", fustige le patron de l'Unsa
Le secrétaire général de l'Unsa Laurent Escure le 18 décembre 2019 à Matignon.

, publié le mardi 14 janvier 2020 à 12h09

Selon Laurent Escure, la CGT, FO et le leader de La France insoumise ont "manipulé les grévistes opposés à la réforme des retraites en leur assurant que "le mouvement allait s'embraser partout".

Si le gouvernement a fait un pas ce week-end en direction de certains syndicats, dont la CFDT et l'Unsa, qui réclamaient le retrait de l'âge pivot du projet de réforme des retraites, la contestation se poursuit cette semaine. En ce 41e jour de mobilisation, notamment dans les transports, le secrétaire général de l'Unsa estime qu'il est temps d'arrêter la grève et de passer à la prochaine étape des négociations. 

"Il y a des syndicats qui sont enfermés dans une stratégie depuis 6 mois d'un bras de fer total avec le gouvernement pour obtenir une victoire par KO avec le fameux retrait", a dénoncé mardi 14 janvier sur BFM Business Laurent Escure.

 L'intersyndicale formée de la CGT, Force ouvrière (FO), la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et trois organisations de jeunesse continuent en effet à réclamer "le retrait de ce projet" et ont appelé à à une nouvelle journée interprofessionnel de grèves et manifestations le 16 janvier.




Au début du mouvement de grève, "nous, à l'Unsa, on avait analysé (que) la détermination du gouvernement, adossée à ce qu'on voyait dans les enquêtes d'opinion, faisait que dans le moment stratégique, la ligne qui était la nôtre était une ligne de travailler sur des compromis, sur des avancées, des compensations, des garanties, des  moindres reculs", a expliqué le responsable syndical.

"Ça ne veut pas dire que tout est réglé mais il y a eu des avancées, c'est bien quand elles sont là qu'on les connaisse, et c'est bien que les hommes et femmes politiques arrêtent de manipuler les mouvements sociaux", a-t-il ajouté. "La CGT et Force Ouvrière ont quand même amené un certain nombre de salariés dans le mur ces dernières semaines avec cette stratégie qui est aujourd'hui une impasse", a-t-il estimé. 

Des salariés manipulés

"Il y a une reprise progressive" du travail à la RATP, où l'Unsa est le premier syndicat, et à la SNCF, où elle est deuxième, parce que "les avancées obtenues sont connues des agents petit à petit", a poursuivi le responsable du deuxième syndicat le plus représenté à la RATP et à la SNCF.

Mais, a-t-il nuancé, "y compris peut-être à l'Unsa, certains avaient été sensibles à des arguments, parce qu'on leur avait vendu que le mouvement allait s'embraser partout". Aujourd'hui, a poursuivi M. Escure, "ils se rendent compte qu'ils ont été un peu manipulés". 

Des salariés "se rendent compte aujourd'hui que pour certains, ils ont fait un peu grève pour rien", a estimé M. Escure, critiquant la participation lundi à un piquet de grève RATP du leader de La France insoumise. "Sauf que ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui remplit le frigo à la fin du mois", a-t-il soupiré.
 

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