"Grave incident ou meurtre" avant la présidentielle : les propos de Jean-Luc Mélenchon vivement critiqués

"Grave incident ou meurtre" avant la présidentielle : les propos de Jean-Luc Mélenchon vivement critiqués
Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, le 16 mai 2021.

publié le lundi 07 juin 2021 à 11h10

De gauche comme de droite, de nombreux responsables politiques ont jugé les propos du leader insoumis "indignes" et manquant de respect aux victimes du terrorisme. 

"Honteux", "irresponsables", "indignes"... De nombreux responsables politiques ont vivement dénoncé les propos "complotistes" du chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon. "Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre", pour "montrer du doigt les musulmans", "tout ça c'est écrit d'avance", a prédit le leader insoumis dimanche 6 juin sur France Inter.



Au sein du gouvernement, la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement Sarah El Haïry a qualifié Jean-Luc Mélenchon d'"irresponsable politique qui salit ceux qui sont tombés face aux terroristes". Le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune a déploré le "triste effondrement moral" du député. Invitée sur BFMTV lundi, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a dénoncé des propos "honteux" et "complotistes" qui "manquent de respect aux victimes". 

Quant au ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt, il a jugé que les insinuations de Jean-Luc Mélenchon étaient "indignes, surtout quand on est si cultivé, et surtout une insulte inouïe pour les victimes de Merah et pour Xavier Jugelé".

"Aussi irréconciliable qu'impardonnable", a-t-i ajouté sur Twitter.



Pour étayer ses propos, Jean-Luc Mélenchon a en effet cité "Merah en 2012", l'auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, "l'attentat la dernière semaine (avant les élections de 2017) sur les Champs Elysées" - un jihadiste avait alors assassiné le policier Xavier Jugelé -, "Papy Voise", un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002, "dont plus personne n'a jamais entendu parler après".

"Les propos de Jean-Luc Mélenchon sont inadmissibles et ne devraient même pas être tenus", a dénoncé Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohammed Merah, le parachutiste Imad Ibn Ziaten. "Le respect, c'est un minimum pour l'honneur de mon fils, des autres victimes et des familles endeuillées", a-t-elle ajouté. 


L'indignation de Latifa Ibn Ziaten a été relayée sur Twitter par le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. Audrey Pulvar, candidate de la gauche pour les régionales en Île-de-France, a pour sa part diffusé la position du président de SOS Racisme, Dominique Sopo : "Que des racistes profitent des attentats islamistes pour exhaler leur racisme envers les arabo-musulmans est une évidence. (...) Mais nul "système" français n'a commandité l'assassinat d'Imad Ibn Ziaten ou d'enfants juifs. L'assassin, Merah, agissait pour Al Qaïda. Respect pour les victimes, pour leurs proches, pour la vérité." 

De l'autre côté de l'échiquier politique, le maire de Nice Christian Estrosi s'est désolé de voir que Jean-Luc Mélenchon "dérivait vers les pires théories complotistes"."Par ses propos, il vient salir la mémoire des Français victimes de la barbarie islamiste. C'est indigne, honteux, minable", a-t-il ajouté. "C'est à vomir", a également commenté le maire (LR) de Toulouse Jean-Luc Moudenc, sur France Bleu Occitanie. "Je suis sidéré. Essayer d'instrumentaliser un drame, des meurtres (...) Je suis indigné, je ne pensais pas que Jean-Luc Mélenchon descendrait si bas, même si dans les sondages il est déjà descendu bien bas", a-t-il poursuivi. 


"Je pense aux victimes, à leurs familles, les deuils et les blessures sont toujours là. Je trouve indigne que l'on instrumentalise ces attentats à des fins d'argumentation politique ou de conjoncture politique. Ce sont des propos que je trouve indignes, indignes de la République, indignes du respect qu'on doit aux victimes", a également déploré l'ancien négociateur de l'Union européenne sur le Brexit et ancien ministre, Michel Barnier, sur Europe 1

Face aux réactions indignées, Jean-Luc Mélenchon a répondu aux critiques dans un communiqué publié dimanche soir sur son compte Facebook, dénonçant un "coup monté à partir d'une phrase" et se disant victime des "complotistes anticomplotistes".
 

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