Glyphosate : "Les engagements seront tenus", promet Édouard Philippe

Glyphosate : "Les engagements seront tenus", promet Édouard Philippe
Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 30 mai 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 30 mai 2018 à 18h40

Édouard Philippe l'a confirmé ce mercredi 30 mai : comme promis par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, le glyphosate ne sera plus utilisé en France d'ici à 2021, même si l'engagement présidentiel ne sera pas gravé tel quel dans la loi agriculture et alimentation. Une décision qui avait "déçu" le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

Après la décision de l'Union européenne en novembre de renouveler la licence de l'herbicide pour cinq ans, Emmanuel Macron avait promis que le glyphosate - principe actif du Roundup de Monsanto jugé "cancérogène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - serait interdit en France "dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans".

"Nous allons tenir deux engagements pris par le président de la République", a assuré Édouard Philippe ce mercredi 30 mai à l'issue d'un séminaire gouvernemental tenu à l'Élysée.

"Trouver des solutions avec les acteurs concernés"

Le premier engagement est "de ne jamais nous placer dans une situation où nous sur-transposerions (...), où nous imposerions des obligations supplémentaires en France par rapport à celles qui sont exigées dans l'Union européenne", a précisé le Premier ministre.



Le second est de "faire en sorte de faire disparaître l'utilisation de ce produit à un horizon de trois ans et qui repose, beaucoup plus là encore que sur une interdiction formulée par la loi, par une transformation des pratiques et des méthodes", a-t-il détaillé.

Selon le Premier ministre, il s'agit "beaucoup moins" d'un travail législatif que d'un "travail de solutions avec les acteurs concernés".



Dans le projet de loi agriculture et alimentation, porté par le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert et examiné en première lecture à l'Assemblée, aucun article n'évoque le glyphosate. Des amendements, y compris La République en Marche (LREM), visant à inscrire son interdiction ont même été rejetés. Figurent en revanche, des mesures pour réduire les pesticides, auxquelles les députés ont donné leur feu vert. Ceux-ci ont aussi approuvé une extension du champ de l'interdiction des néonicotinoïdes, insecticides "tueurs d'abeilles".



Mardi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait indiqué que cet engagement d'Emmanuel Macron était "clair", et qu'il serait tenu, même s'il n'était pas "inscrit dans la loi". Le gouvernement va "travailler avec l'ensemble des filières" et l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) pour "trouver des solutions alternatives" au glyphosate, avait-il rappelé.



Cet engagement est "partagé par l'ensemble du gouvernement", a insisté Édouard Philippe, alors que le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot s'est dit mardi "déçu" du rejet des amendements même si l'"objectif" n'est "pas remis en cause". "Nous allons le mettre en oeuvre par la mobilisation et par un travail de bonne intelligence de l'ensemble des acteurs et comptez sur moi pour que cet engagement du président de la République soit tenu", a encore dit Édouard Philippe.

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