Glucksmann appelle au "dépassement" des partis de gauche pour "reprendre le pouvoir"

Glucksmann appelle au "dépassement" des partis de gauche pour "reprendre le pouvoir"
La tête de liste des partis socialiste et Place publique Raphaël Glucksmann s'apprête à voter aux élections européennes, le 26 mai 2019 à Paris

AFP, publié le samedi 24 août 2019 à 18h20

Le fondateur de Place publique et tête de liste PS-PP aux Européennes, Raphaël Glucksmann, a estimé samedi à La Rochelle que seul un "dépassement" des partis "permet à la gauche de reprendre le pouvoir", éteignant ainsi la polémique.

"Je veux lever tout de suite un malentendu sur des déclarations récentes que j'ai pu faire", a lancé devant une salle quasi comble venue écouter le débat "Après la gauche plurielle, la gauche des combats communs ? ", organisé lors de l'université du PS, première depuis 2015.

"Il ne faut pas supprimer" les partis politiques, a expliqué le député européen, "par contre il faut s'inscrire dans une forme de fidélité à l'histoire qui est la capacité à dépasser sa propre structure". "Le fondateur du Parti socialiste est quelqu'un qui a (...) su dépasser des structures pour créer le véhicule idéologique, culturel, politique qui permettrait à la gauche de reprendre le pouvoir" et "on serait bien inspiré de revenir à ce geste originel", a-t-il poursuivi sous les applaudissements de la salle. 

Dans une interview jeudi sur France Inter, l'eurodéputé a estimé que "la seule solution pour proposer une alternative à Emmanuel Macron c'est de dissoudre, de dépasser les partis politiques qui existaient avant Emmanuel Macron", donc aussi le Parti socialiste. Des propos vivement commentés dans les allées de La Rochelle.

Au-delà d'un projet "commun", la question de l'incarnation de ce rassemblement de la gauche s'est également posée au cours du débat qui rassemblait Ronan Dantec (EELV), Boris Vallaud (PS), Guillaume Lacroix (PRG), Frédéric Sève (CFDT) et Laura Slimani (Générations).

Dans une allusion à Bernard Cazeneuve, dont le nom est parfois cité pour faire revivre le parti avant la présidentielle, Laura Slimani a prévenu: si tous ces accords et débats entre organisations "se termine(nt) par un appel à la raison et la candidature proposée d'un ancien ministre et Premier ministre du quinquennat Hollande, alors on va avoir un petit problème de cohérence". 

Des propos sitôt hués par les militants présents: "On n'a pas commencé à se rassembler que vous voulez déjà exclure!".

Interrogé par la presse sur le candidat idéal pour gagner la présidentielle de 2022, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure a estimé que "qui que ce soit, aucun d'entre ceux-là (dont) Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, qui que (ce soit) au Parti socialiste ... Personne ne sera au deuxième tour de l'élection présidentielle" sans un rassemblement. 

"Je veux un candidat qui gagne et pour gagner, ça suppose de se rassembler", a-t-il insisté. 

"Si nous ne voulons pas être effacés, ni nous, ni les autres, ça suppose d'être responsable", a-t-il plaidé. 

"Si j'avais été Yannick Jadot, c'est ce que j'aurais fait. J'aurais été, au lendemain des Européennes, celui qui essaye d'organiser l'ensemble de la gauche et des écologistes", a déclaré Olivier Faure. "Parce que c'était (sa) mission et c'est comme ça que j'aurais construit un leadership", a-t-il poursuivi, et "pas en disant +je suis tout seul, je continue, j'avance et tout le monde me suivra+. Ca ne marche jamais, ça n'a jamais marché", a-t-il ajouté. 

Et de conclure: "Nous-mêmes, nous avons dans notre histoire tellement d'exemples. Nous avons pensé que tout seul on y arriverait et on plierait les autres", mais, "l'addition des petits, ça fait un moment donné quelque chose qui manque". 

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