"Gilets jaunes" : Valérie Pécresse appelle à un "grand mouvement de décentralisation"

"Gilets jaunes" : Valérie Pécresse appelle à un "grand mouvement de décentralisation"
Valérie Pécresse à Malakoff, le 12 septembre 2018.

, publié le dimanche 06 janvier 2019 à 10h59

Le président de la République doit "revoir complètement sa méthode : faire plus de concertation et s'appuyer sur les corps intermédiaires".

La crise des "gilets jaunes" ne s'éteindra pas sans un "grand mouvement de décentralisation", selon la présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. "L'État doit lâcher prise" et "faire enfin confiance aux collectivités", estime-t-elle dimanche 6 janvier dans une interview au Journal du dimanche.

"Si (Emmanuel Macron) veut des résultats, il faut que l'État lâche prise.

(...) Pour avoir moins d'impôts, plus de cohésion et plus de résultats, il va falloir faire enfin confiance aux collectivités", affirme l'ancienne ministre du Budget. "Il faut qu'Emmanuel Macron rompe avec la technostructure jacobine qu'il a mise en place, reparte du terrain et lance un grand mouvement de décentralisation. Qu'il accepte de déléguer une partie de son pouvoir à des élus qui l'exerceront mieux, au plus près des Français", estime-t-elle.


Si Mme Pécresse affirme que "rien ne justifie la violence", elle juge aussi que le mouvement des "gilets jaunes" n'est "pas terminé", car il se "nourrit d'une grande déception vis-à-vis d'Emmanuel Macron et du pouvoir en général". Interrogée sur les mesures prises par le président de la République, elle répond que l'augmentation de la prime d'activité pour les bas salaires est une "réponse de court terme, alors qu''il faut créer les conditions d'une baisse durable des impôts", en proposant aux Français un "pacte": réformes contre pouvoir d'achat.

Pour réformer, le président de la République devra "revoir complètement sa méthode : faire plus de concertation et s'appuyer sur les corps intermédiaires". "Il faut qu'il soit sincère, aussi : il ne peut pas dire qu'il augmente les impôts pour faire de l'écologie quand ce n'est pas le cas. Et il faut de l'équité", ajoute-t-elle.

L'ancienne ministre ne pense pas que les questions institutionnelles soient au cœur des revendications des "gilets jaunes". "Ce qu'ils demandent, c'est du 'pouvoir de vivre', des règles justes, d'être protégés, des réponses sur le logement, les transports, la sécurité...".

Interrogée sur l'attitude du président de LR Laurent Wauquiez vis-à-vis du mouvement, Mme Pécresse affirme qu'il "fallait entendre et comprendre ce que les 'gilets jaunes' exprimaient", mais que "ce qu'ils attendent des politiques, c'est des solutions et pas de la récupération".

Par ailleurs, elle ne montre pas d'hostilité vis-à-vis de François-Xavier Bellamy, pressenti pour être la tête de liste LR aux européennes: "c'est quelqu'un de bien".

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