"Gilets jaunes" : une "marche républicaine des libertés" des "foulards rouges" embarrasse LREM

"Gilets jaunes" : une "marche républicaine des libertés" des "foulards rouges" embarrasse LREM
Un "gilet jaune" devant un kiosque de journaux, à Paris le 12 janvier 2019

, publié le lundi 21 janvier 2019 à 18h00

La majorité parlementaire est divisée sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la "marche républicaine des libertés", populaire auprès des soutiens d'Emmanuel Macron et ceux qui demandent la fin des manifestations des "gilets jaunes".

Prévue dimanche 27 janvier à Paris, sur la place de la République, une "marche républicaine des libertés" vise à protester contre "la violence" observée dans les manifestations des "gilets jaunes". Cet appel à manifester, d'abord lancé par un sympathisant de La République en Marche en colère contre le "climat insurrectionnel", est soutenu par le mouvement des "foulards rouges" qui milite aussi pour "la fin des blocages et incivilités commises par les gilets jaunes depuis des semaines". Une initiative qui ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité présidentielle, craignant une faible mobilisation et un nouveau clivage avec les "gilets jaunes".

Officiellement, il ne s'agit pas d'une marche de soutien à Emmanuel Macron, le gouvernement et la majorité parlementaire.

"On veut éviter d'être assimilés à eux", affirme Théo Poulard, un porte-parole des "foulards rouges" qui revenait dans les colonnes du Parisien sur un entretien obtenu avec le directeur du cabinet de Stanislas Guérini, secrétaire général de LREM. "Il faut que ça puisse toucher un maximum de personnes, chez nous, il y en a de tous bords", ajoute-t-il auprès du Monde.

Mais Le Parisien relève que l'événement était à l'origine baptisé "la marche républicaine de soutien à Emmanuel Macron". C'est d'ailleurs ainsi qu'elle est perçue par Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et co-animatrice du "grand débat national" voulu par l'exécutif. "Il est légitime qu'il y ait une expression de citoyens qui disent qu'ils soutiennent ce qui a été fait, qui reconnaissent l'ampleur des réformes", estime-t-elle dans une interview accordée lundi 21 janvier au micro de Franceinfo. Parmi les députés de la majorité, des voix saluent aussi ce projet. "Il faut montrer qu'il y a en même temps que les manifestations, une extrême majorité des Français qui veulent pouvoir vivre librement, circuler librement", se réjouit Hervé Berville, élu des Côtes-d'Armor, cité par Challenges. Or, la direction de la République en Marche n'est pas de cet avis. "Je n'irai pas à la manifestation. Je comprends son intention, mais je ne veux pas prendre le risque d'avoir un camp contre l'autre", a prévenu Stanislas Guérini sur CNews.

Certains s'inquiètent aussi d'une faible mobilisation. "Ce ne sera pas le 30 mai 1968", lance dans Le Parisien un élu, en référence à la manifestation de soutien au général de Gaulle qui avait mobilisé entre 500.000 et un million de personnes à Paris. Pour l'heure, plus de 9.300 internautes ont annoncé leur participe sur la page Facebook créée pour l'événement.

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