"Gilets jaunes" : quand Macron désavoue ses ministres

"Gilets jaunes" : quand Macron désavoue ses ministres
De gauche à droite : Muriel Pénicaud, Bruno Le Maire, Marlène Schiappa (photomontage)

, publié le lundi 10 décembre 2018 à 22h40

Annulation de la hausse de la CSG pour certains retraités, coup de pouce au Smic, fermeté sur la suppression de l'ISF... Le chef de l'État a multiplié lundi soir les annonces, contredisant parfois ses ministres.

Emmanuel Macron a tenté lundi soir 10 décembre de calmer la colère des "gilets jaunes", qu'il a jugée "juste à bien des égards", en annonçant une série de mesures sociales, notamment sur le Smic et les retraites.





Après avoir contredit son Premier ministre, en annonçant la semaine dernière la suppression de la hausse des taxes sur le carburant en 2019, alors qu'Édouard Philippe avait affirmé la veille qu'elles seraient simplement suspendues pour six mois, le chef de l'État a de nouveau mis en porte-à-faux certains membres de son gouvernement.

Bruno Le Maire sur la CSG

Le chef de l'État a annoncé lundi soir que les retraités touchant une retraite inférieure à 2.000 euros par mois ne subiraient plus la hausse de la CSG. Jusque-là, seuls les retraités gagnant moins de 1.200 euros environ étaient exemptés.

Or, dans la matinée, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire avait rejeté cette idée(/BOLD]. "La hausse de la CSG c'est ce qui permet de financer l'augmentation du salaire net de tous ceux qui travaillent", avait-il argumenté au micro de RTL.

La mise au point de Muriel Pénicaud sur le Smic

"Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a assuré le chef de l'État dans son allocution. Une déclaration qui semblait à première vue contredire les affirmations de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait exclu la veille un "coup de pouce" au Smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier, expliquant que cela "détruirait des emplois".

En réalité, l'augmentation annoncée par Emmanuel Macron "inclut la revalorisation du Smic qui est déjà prévue, le reste ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'État qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises, notamment les petites, qui risqueraient de supprimer de l'emploi", a précisé Mme Pénicaud, interrogée sur France 2.

L'ISF et la fausse note de Marlène Schiappa et Benjamin Griveaux

Alors que les "gilets jaunes" réclament le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), Emmanuel Macron a répété lundi soir qu'il n'en serait rien. La semaine dernière, ce sujet avait donné lieu à plusieurs couacs au sein du gouvernement. La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s'était dit prête à proposer de "rétablir l'ISF" si les évaluations du nouveau dispositif qui le remplace (IFI) n'étaient pas concluantes.

"Ce sujet-là n'est pas sur la table", avait de son côté déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, demandant "18 à 24 mois pour que la mesure fasse son plein effet". Mais "si quelque chose ne marche pas, on n'est pas idiot, on va le changer", avait-il ajouté, entretenant l'ambiguïté. "Nous ne craignons pas ce débat. Il est nécessaire, il aura lieu", avait également promis Édouard Philippe devant les parlementaires, en s'en remettant au comité d'évaluation.

"Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis dix-huit mois", avait finalement tranché le chef de l'Etat au cours du Conseil des ministres.

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