"Gilets jaunes" : pour Taubira, la gauche porte une "lourde responsabilité" dans la crise

"Gilets jaunes" : pour Taubira, la gauche porte une "lourde responsabilité" dans la crise
Christiane Taubira lors d'une conférence à New York, le 29 janvier 2016 (archive)

Orange avec AFP, publié le dimanche 16 décembre 2018 à 09h20

Dans un entretien au Journal du dimanche, l'ancienne ministre tacle sévèrement l'opposition de gauche, dont l'état est "désespéré et désespérant", selon elle.

Christiane Taubira n'épargne ni la majorité présidentielle, ni ses anciens alliés de gauche. Interrogée par le JDD sur la crise des "gilets jaunes", dont "l'acte V" a été marqué par un nette baisse de la participation samedi 15 décembre, l'ex-garde des Sceaux a pointé le rôle de la gauche dans l'expression de cette colère populaire.

La responsabilité de la gauche "est lourde, très lourde", a déclaré celle qui fut ministre de la Justice de 2012 à 2016. "Elle peut l'être plus encore si la gauche ne comprend pas que c'est à elle qu'il revient d'offrir un débouché politique à ce mouvement", a-t-elle estimé.



"Condescendance" d'Emmanuel Macron

La gauche "doit dégager très vite une perspective, au lieu de continuer à bavarder, rabâcher, radoter des choses informes et insensées", a poursuivi l'ancienne députée de Guyane, qui n'est pas tendre non plus avec le pouvoir en place. Pour elle, le président de la République "raisonne en termes de performance, de productivité, de résultats lucratifs". Emmanuel Macron "surplombe les individus avec hauteur et condescendance", a-t-elle estimé. Quant au chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira lui reproche de tenter de récupérer le mouvement des "gilets jaunes". Pour elle, il y a "une certaine indécence à appeler à la mobilisation celles et ceux qui se sont soulevés sans mot d'ordre politique ou syndical".



Pour l'ex-représentante du Parti radical de gauche (PRG), le mouvement des "gilets jaunes" est plein d'ambiguïtés, avec "à la fois du sublime et des traces de choses abjectes", notamment des idées "sexistes, racistes, homophobes, xénophobes, antisémites".

Taubira de retour en politique ?

Interrogée sur une possible candidature aux élections européennes de mai 2019, Christiane Taubira a indiqué avoir été approchée tout à la fois par l'écologiste Yannick Jadot (EELV), l'ex-candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon et le chef actuel du Parti socialiste, Olivier Faure. "Mais c'est encore une fois chacun dans son couloir ! Il est tragique que la gauche ne se rende pas compte que l'enjeu, aujourd'hui, n'est plus de conduire une liste, ni de se vautrer dans le confort de l'inefficacité, de la stérilité, du manque d'imagination", a déploré l'ancienne élue, qui n'indique pas si elle a rallié l'une des listes.

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