"Gilets jaunes": Marine Le Pen "craint" que les annonces du gouvernement "ne calment pas la colère"

"Gilets jaunes": Marine Le Pen "craint" que les annonces du gouvernement "ne calment pas la colère"
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Sofia en Bulgarie le 16 novembre 2018

AFP, publié le mardi 04 décembre 2018 à 16h20

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, important soutien des "gilets jaunes", a dit mardi "craindre" que les annonces du gouvernement pour apaiser ce mouvement "ne calme(nt) pas la colère" et dénoncé des mesures "électoralistes" à six mois des élections européennes.

"Je crains que cela ne calme pas la colère (...) et croyez-moi je ne m'en réjouis pas (...). Personne ne peut se réjouir de ce chaos mais on est obligé de constater qu'il est de la responsabilité du gouvernement", a déclaré la dirigeante du RN dans les couloirs de l'Assemblée nationale, après plusieurs mobilisations des "gilets jaunes" marquées par des violences.

Elle a estimé que les "gilets jaunes" était "un mouvement spontané, populaire (...) qui ne peut pas être encadré par des syndicats et partis politiques. Individuellement, chaque Français qui souffre va analyser les propositions du gouvernement et va voir si elles correspondent à ses attentes". 

"Évidemment je n'aurai aucune influence sur cette mobilisation, son importance et sa régularité", a assuré la finaliste de la présidentielle en 2017.

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé dans la journée la suspension de plusieurs mesures fiscales pour "ramener l'apaisement", dont un moratoire de 6 mois sur la hausse des taxes des carburants et sur le durcissement du contrôle technique automobile, ainsi qu'un gel des prix du gaz et de l'électricité, mais sans convaincre ni l'opposition ni les protestataires.

Mme Le Pen a vu dans ces mesures "une forme, toujours, d'intransigeance, le sentiment qu'ils (l'exécutif, ndlr) ont raison envers et contre tout le monde, et en plus cette petite pincée d'électoralisme", du fait que dans six mois auront lieu les élections européennes.

"Ce n'est pas un recul, c'est une apparence de recul. (...) Est-ce qu'on en est encore dans la manœuvre, dans les faux semblants, dans la manipulation politicienne?", a-t-elle demandé.

"Un moratoire n'est qu'un report. Ça n'est évidemment pas à la hauteur des attentes et de la précarité dans laquelle se débattent les Français", avait réagi, avant ces annonces, la présidente du RN, dont l'électorat soutient fortement le mouvement selon plusieurs études.

"Si ça se limite à cela, (c'est) trop tard, trop peu. Ça ne répond pas au problème de fond: pouvoir d'achat, crise de la représentativité, fracture territoriale. Ce sera ressenti comme du mépris encore... et la preuve que le déni continue", avait-elle précisé auprès de l'AFP.

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