"Gilets jaunes" : "Lorsqu'on va le samedi dans des manifestations violentes, on est complice du pire", estime Emmanuel Macron

"Gilets jaunes" : "Lorsqu'on va le samedi dans des manifestations violentes, on est complice du pire", estime Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, le 25 février 2019 à l'Élysée.

, publié le mardi 26 février 2019 à 16h28

Au lendemain de l'acte XV des "gilets jaunes" et alors qu'un nouveau samedi de mobilisation se prépare, le chef de l'État a dénoncé ce mardi 26 février les violences lors des manifestations. 

Emmanuel Macron a réuni mardi 26 février à l'Élysée quelque 150 maires et élus du Grand Est, dont François Baroin le président de l'Association des maires de France (AMF). À l'occasion de cette huitième rencontre dans le cadre du grand débat lancé pour apaiser la crise sociale des "gilets jaunes", le chef de l'État est revenu sur les manifestations qui ont lieu chaque samedi depuis le 17 novembre dernier. 

"Il faut maintenant dire que lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire", a déclaré le chef de l'État. "C'est un miracle qu'après autant de samedis avec cette violence, il n'y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l'ordre", a-t-il souligné. 




Emmanuel Macron répondait à des propos du président de la région Grand Est, Jean Rottner (Les Républicains), qui a appelé l'État à faire "preuve d'autorité" après 15 samedis de manifestations des "gilets jaunes". Le 3 décembre 2018 à Marseille, une femme de 80 ans était morte au cours d'une opération chirurgicale après avoir été blessée la veille au visage par des éléments d'une grenade lacrymogène, qui l'avaient heurtée alors qu'elle fermait les volets de son appartement. Selon le parquet, le "choc facial" subi du fait du projectile tiré par les forces de l'ordre n'avait pas été à l'origine du décès de cette personne.

"Nous ne pouvons pas être dans une démocratie de l'émeute"

"Nous ne pouvons, de manière raisonnable, pas interdire les manifestations", a déclaré Emmanuel Macron, en invoquant la Constitution. "Par contre, il faut un message clair de tout le monde" pour dénoncer la violence, a-t-il ajouté, en déplorant qu'"il n'y ait pas toujours eu cette clarté". 

"À côté de ça, la vitalité, la force, le caractère incontestable de la demande légitime de millions de Français qui ont pu participer ou être sympathisants de ce mouvement est pleinement reconnu. Je l'ai reconnu moi-même le 10 décembre et il est reconnu par l'implication qui est la nôtre. Jamais l'État ne s'est autant collectivement mobilisé face à un mouvement de ce type", a-t-il ajouté. "Je crois qu'aujourd'hui la place doit être au débat, à la réponse démocratique, et elle sera ensuite dans les urnes. Mais nous ne pouvons pas être dans une démocratie de l'émeute", selon lui.

Comme le souligne Le Parisien, ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron critique le mouvement des "gilets jaunes". Fin janvier, il avait notamment critiqué la présence médiatique de certaines figures du mouvement, déplorant que "Jojo avec un gilet jaune (ait) le même statut qu'un ministre ou un député". Il avait aussi vivement critiqué les canaux d'informations du mouvement, assurant que "la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90 % des mouvements sur Internet". 



Les "gilets jaunes" ont mobilisé samedi 23 février davantage que la semaine précédente, avec plus de 46.000 manifestants en France dont 5.800 à Paris pour leur acte 15, d'après des chiffres du ministère de l'Intérieur.

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