"Gilets jaunes" : "Le roi des Shadoks est à Matignon", dénonce Mélenchon après les annonces de Philippe

"Gilets jaunes" : "Le roi des Shadoks est à Matignon", dénonce Mélenchon après les annonces de Philippe
Jean-Luc Mélenchon le 12 décembre 2018 à l'Assemblée nationale.

, publié le mardi 08 janvier 2019 à 10h55

Édouard Philippe a annoncé lundi une future loi durcissant les sanctions contre les casseurs et les manifestations non déclarées après les débordements violents lors de l'"acte VIII" des "gilets jaunes". Des mesures vivement décriées par La France insoumise.

Après de nouvelles violences survenues samedi 5 janvier dans le cadre de l'"acte 8" de la mobilisation des "gilets jaunes", Édouard Philippe a annoncé lundi soir sur TF1 une nouvelle loi "anticasseurs".

Cette nouvelle loi doit muscler l'arsenal répressif en créant notamment, sur le modèle de la lutte contre le hooliganisme, un dispositif interdisant l'accès aux manifestations de casseurs identifiés avec la création d'un fichier spécial, a précisé Matignon.

Le gouvernement veut également renforcer le principe du "casseur payeur", en leur imputant plus facilement la réparation de dégâts commis en cas d'attroupement, selon Matignon.

"Édouard Philippe autorise les manifestants à ne plus manifester, sinon ils seront fichés. Le roi des Shadocks est à Matignon", a aussitôt réagi sur Twitter le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon.



Le député des Bouches-du-Rhône n'a pas été le seul dans son camp à critiquer ces nouvelles mesures. "Édouard Philippe répond à l'ultra-violence par l'ultra sévérité, quand va-t-il répondre à l'ultra-précarité ?", a réagi l'élu du Nord Adrien Quatennens mardi matin sur BFMTV.



"Un discours de guerre civile"

"Il y a de la part du gouvernement une escalade verbale, une escalade en terme de calomnies du mouvement, une escalade en terme d'utilisation de la répression des forces de police", a de son côté accusé sur France 2 le député LFI Éric Coquerel. "Ce n'est pas avec un discours de guerre civile qu'on va régler les problématiques déposées par les Français qui veulent une vie plus tranquille et plus juste", a-t-il estimé.



"Le peuple français, ce n'est pas un peuple à qui on peut faire ingurgiter toujours plus d'injustices sociales à coups de bâton. Ceux qui ont tenté ça dans l'histoire, ça s'est toujours mal terminé pour eux", a mis en garde l'élu de Seine-Saint-Denis.

Selon lui, en visant "les participants à des manifestations illégales, soit non déclarées, soit qui ont été refusées par la police", le Premier ministre "touche là possiblement ce qui est un droit constitutionnel, celui de l'article 10 de la déclaration des droits de l'Homme, la liberté de manifester". Éric Coquerel a estimé que "la solution, ça sera la dissolution", pour "vérifier qui est légitime". "Le chef de l'État dit c'est moi puisque j'ai été élu il y a un an et demi, le peuple français estime par sa mobilisation et par son soutien qu'il refuse cette politique; à un moment donné, c'est les urnes qui devront trancher d'une manière ou d'une autre", a-t-il jugé.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.