"Gilets jaunes" : l'idée d'une prime défiscalisée séduit l'exécutif mais pas les syndicats

"Gilets jaunes" : l'idée d'une prime défiscalisée séduit l'exécutif mais pas les syndicats
Des billets de banque (illustration)

Orange avec AFP, publié le vendredi 07 décembre 2018 à 18h15

Gouvernement et partenaires sociaux, qui cherchent des solutions pour apaiser la colère des gilets jaunes, se divisent sur le principe d'une prime exceptionnelle volontaire versée par les entreprises.

C'est une idée qui fait son chemin, mais soulève déjà des objections. Afin de résoudre la crise des "gilets jaunes", le gouvernement n'exclut pas l'hypothèse de mettre en place une prime exceptionnelle défiscalisée de 1.000 euros maximum à destination des salariés.

Formulée par Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, cette proposition a été favorablement commentée par certains ministres.

Dans l'esprit de Xavier Bertrand, cette mesure serait une "prime de pouvoir d'achat" qui s'ajouterait au salaire et au 13e mois. Elle ne serait pas soumise aux cotisations sociales et aux impôts des salariés et de l'entreprise. "Cette idée là, je l'ai eue en discutant avec des chefs d'entreprise qui m'ont dit qu'ils aideraient bien leurs salariés quand ça va bien", expliquait l'ancien ministre du Travail sur BFMTV, mardi 4 décembre. "Elle rapportera à l'État en TVA car les salariés qui en bénéficieraient ne vont pas la mettre de côté mais ils vont la dépenser", avait-elle ajouté.

Les ministres Bruno Le Maire (Économie) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics) ont exprimé publiquement, jeudi 6 décembre, leur opinion favorable concernant cette prime. "Ça permet de soutenir ceux qui travaillent", a abondé le premier cité sur France 2. "Si les entreprises, et nous les encourageons à le faire, peuvent mieux redistribuer la différence entre le capital et le travail, j'y suis personnellement favorable", a complété le second sur France Inter.



Le patronat approuve, les syndicats vent debout

Il s'agit aussi d'une "bonne idée", selon le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. Il estime néanmoins que cette prime ne pourrait être appliquée que dans les secteurs "où ça va bien". Surtout, les organisations patronales souhaitent que le versement de cette prime soit laissé à la discrétion des employeurs. "Le caractère volontaire est essentiel parce que malheureusement la situation des entreprises ne permet pas de la généraliser", a expliqué Jean-Eudes du Mesnil du Buisson de la confédération des PME.

Du côté des syndicats des travailleurs, le principe de cette prime suscite des critiques. Pour Laurent Berger, de la CFDT, cette prime doit être "obligatoire" et ne pas être considérée comme une solution à long-terme : "C'est une des solutions mais c'est du one-shot, ce n'est pas une solution structurelle". Du côté de FO, le secrétaire confédéral Yves Veyrier estime que cette prime "ne peut pas être la réponse à la question des salaires" et demande "une hausse du SMIC et du point d'indice de la fonction publique". Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a de son côté lancé : "Défiscaliser, c'est supprimer des cotisations sociales. Ça intéresse beaucoup le Medef, qui redemande toujours plus d'allègements de prélèvements".

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