"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron est un "petit joueur", ironise François Fillon

"Gilets jaunes" : Emmanuel Macron est un "petit joueur", ironise François Fillon
François Fillon au Mans, le 15 juin 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 15h06

En 2003, "j'ai mis 2,5 millions de personnes dans la rue", s'est-il vanté.

C'est une drôle de comparaison, à laquelle s'est essayé François Fillon. L'ancien Premier ministre a estimé jeudi 10 octobre sur la chaîne suisse RTS qu'Emmanuel Macron était un "petit joueur" et que la crise des "gilets jaunes" n'avait après tout pas tant mobilisé.

Surtout comparé aux manifestations contre sa réforme des retraites en 2003.


Interrogé sur les "gilets jaunes", il a estimé que ce n'était "pas grand-chose". "Il y a eu au maximum des manifestations 150.000 à 180.000 personnes dans toute la France", a souligné l'ancien Premier ministre, en rappelant qu'il avait lui-même "mis deux millions et demi de personnes dans la rue" avec sa réforme des retraites en 2003. "Macron, c'est un petit joueur à côté !", a-t-il ironisé lors de cet entretien enregistré en public. 

Mais "si cette crise a déstabilisé aussi profondément un gouvernement légitime venant d'être mis en place, ce n'est pas bon signe", a-t-il ajouté.

Questionné sur la capacité d'Emmanuel Macron à incarner un sursaut européen, François Fillon a estimé "Pourquoi pas ?". "Cette Europe qui est vieille, un peu fatiguée, qui ne croit plus en grand-chose (...) est-ce que ce mouvement est historique, profond ? Ou est-ce qu'un homme, une personnalité, pourra l'interrompre ? Honnêtement je ne sais pas", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a assuré que "non", un retour en politique n'était pour lui pas imaginable, et dit n'éprouver "aucune nostalgie". Quant aux "3 R" ("regrets, remords et rancune") découlant de sa défaite de 2017, l'ancien candidat de la droite a reconnu éprouver "un peu des trois, forcément". "Il y a des comportements humains qu'on ne peut pas complètement pardonner" mais "je tourne la page", a-t-il ajouté.

"La droite française s'est suicidée avec ses divisions" depuis vingt ans, a-t-il encore estimé. "Il y a depuis une vingtaine d'années des batailles uniquement personnelles, individuelles, d'ego et pas beaucoup de débats idéologiques", a regretté M. Fillon, qui a jugé "intéressant de voir aux obsèques de Chirac ces gens, qui s'étaient battus les uns contre les autres", pour l'occasion "rassemblés" et réconciliés".
 

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