Gérard Collomb vers la sortie ?

Gérard Collomb vers la sortie ?
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, à sa sortie de l'Elysée, après le conseil des ministres, le 18 juillet 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 01 août 2018 à 18h30

Mis en difficulté dans l'affaire Benalla, le ministre de l'Intérieur, proche figure d'Emmanuel Macron pourrait perdre ses fonctions selon Le Canard enchainé.

Le locataire de la place Beauvau va-t-il payer les pots cassés de l'affaire Benalla ? C'est ce que semble savoir Le Canard enchainé dans son édition du mercredi 1er août.

Dans un entrefilet titré "un fusible à retardement", le journal évoque la colère d'Emmanuel Macron contre son ministre de l'Intérieur. Celui-ci lui reprocherait notamment d'avoir révélé l'identité de Vincent Caure, 23 ans jeune recrue de l'Elysée et conseiller au pôle "relations avec les élus" devant la commission d'enquête.

Gérard Collomb avait indiqué que c'était ce conseiller de l'Elysée, qui, au lendemain du 1 er mai, avait informé son chef de cabinet des dérapages d'Alexandre Benalla, dont il doit désormais répondre. Emmanuel Macron, "furieux" selon Le Canard enchainé aurait assuré que "Collomb n'avait aucune raison de citer son nom !"




Au-delà de cette bourde, c'est tout le comportement du ministre qui serait vivement critiqué à l'Elysée : "Collomb se trouve fragilisé par l'ensemble de la séquence Benalla", confie même un proche du chef de l'Etat au journal, "tant vis-à-vis de l'opinion publique, où il apparaît comme un ministre de l'Intérieur qui n'est au courant de rien, que de son administration, aux yeux de laquelle il n'est plus le chef, et vis-à-vis de Macron, qu'il n'a pas protégé, au contraire", cite le journal.

Une fragilisation qui n'a pas échappé aux oppositions, mais aussi à la presse. Dans sa chronique, l'éditorialiste du Monde Françoise Fressoz, assure aussi que "la droite et la gauche réclament sa tête, bien plus que celle du Premier ministre, Edouard Philippe, qui joue depuis une semaine l'Arlésienne avec un certain talent, comme si l'affaire ne le concernait pas alors que M. Collomb est de plain-pied dedans", dit-elle.

Vers un remaniement ministériel à la rentrée ?

Ce que l'on reproche à Gérard Collomb, c'est notamment d'avoir eu connaissance dès le lendemain des faits, des violences commises par Alexandre Benalla et de n'avoir pas saisi le procureur et diligenté une enquête de l'inspection générale de la police nationale, comme c'est la procédure.

Il a aussi assuré, pour se dédouanner de toute responsabilité, ne connaître de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron "ni son nom, ni son prénom, ni ses fonctions". Lors de son audition, Gérard Collomb a même rappelé à plusieurs reprises qu'il avait certes, croisé Alexandre Benalla à plusieurs reprises, mais pensait qu'il était "policier". Une information par la suite confirmée par son chef de cabinet, Jean-Marie Girier, qui, lui, le connaissait et s'est dit "particulièrement surpris" du comportement d'Alexandre Benalla.




Gérard Collomb va-t-il donc être le bouc-émissaire de cette affaire qui éclabousse l'Elysée et le gouvernement depuis le 18 juillet ? Probable selon la source du Canard enchainé, qui assure que son espérance de vie place Beauvau "est désormais limitée". Personnage sacré de la "Macronie", il pourrait même faire une sortie discrète du gouvernement en arguant vouloir préparer les élections municipales de 2020, selon cette même source.

Le président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, assure pourtant ce mercredi qu'il ne "pense pas" qu'il y aura un remaniement du gouvernement à la rentrée à la suite de l'affaire Benalla et estime que Gérard Collomb a toujours sa place à la tête du ministère de l'Intérieur."

"Un remaniement, non, je ne le pense pas", a-t-il aussi déclaré dans une interview publiée mercredi matin sur le site internet du Monde. "Quant au ministre de l'Intérieur, il n'est en rien défaillant depuis qu'il est aux manettes", insiste-t-il. "Je ne vois pas en quoi cette funeste histoire et les déclarations des uns et des autres remettraient en cause sa place au ministère de l'intérieur".

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