Gérald Darmanin veut retirer le statut de réfugié aux étrangers radicalisés ou délinquants

Gérald Darmanin veut retirer le statut de réfugié aux étrangers radicalisés ou délinquants
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin le 5 mai 2021 à Avignon.

publié le vendredi 07 mai 2021 à 10h44

"Notre politique est claire : juger les étrangers pour ce qu'ils font et pas pour ce qu'ils sont", a lâché le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a précisé dans les colonnes du Figaro la politique du gouvernement en matière d'immigration.

C'est un tour de vis "sans précédent", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Fait inédit, nous avons demandé à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, Ndlr) de retirer les protections d'asile pour ceux qui seraient en contradiction avec les valeurs de la République", a ainsi indiqué Gérald Darmanin dans un entretien au Figaro paru vendredi 7 mai.

En ligne de mire ? "Ceux qui ont commis des actes répréhensibles, que ce soit lié à la radicalisation ou à l'ordre public", a précisé le ministère de l'Intérieur auprès de l'AFP.

"Aujourd'hui, la France est l'un des pays d'Europe les plus fermes en matière de demande d'asile. Sur 100.000 entrées, nous acceptons 30.000 personnes, à la suite d'un examen rigoureux. Notre difficulté, comme celle de tous les pays, c'est d'expulser les personnes à qui nous refusons la protection", a ajouté le ministre dans les colonnes du Figaro. Il précise : "Au total, il y a 30 % d'éloignements forcés de plus que sous les deux quinquennats précédents. Dans le même temps, nous naturalisons 30 % de moins".



Le retrait du titre de séjour


Ces trois derniers mois, a souligné le ministre, 147 retraits de protections ont été décidés. "C'est sans précédent. Notre politique est claire : juger les étrangers pour ce qu'ils font et pas pour ce qu'ils sont", a-t-il précisé. "On sera inflexibles sur les questions d'ordre public", a encore insisté la Place Beauvau auprès de l'AFP, déclinant la priorité du moment : "Les gens qui figurent au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), dont on s'attache à ce qu'ils soient sous mesure administrative et reconduits".

A cet égard, le ministère affirme avoir "mis hors d'état de nuire la première liste identifiée de 231 personnes, qui sont toutes sous mesures administratives, en centre de rétention ou expulsés". "Avec la difficulté majeure que les éloignements sont très compliqués" dû à la fermeture des frontières liée au Covid-19. 

Au Figaro, Gérald Darmanin a précisé que 1.083 étrangers en situation irrégulière sont inscrits au FSPRT, ainsi que "4.000 personnes non françaises en situation régulière, dont 25 % d'Algériens et 20 % de Marocains, 15 % de Tunisiens et 12 % de Russes". 



Dans ce même entretien, Gérald Darmanin demande également le retrait du titre de séjour pour ces personnes, déjà obtenu dans 200 cas ces six derniers mois, "ce qui est un record", s'est-il encore félicité. 

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