Gennevilliers : le maire communiste refoulé à la frontière avec Israël

Gennevilliers : le maire communiste refoulé à la frontière avec Israël

Depuis des années, Patrice Leclerc, le maire communiste de Gennevilliers, défend Marwan Barghouti. L'Etat hébreu lui a refusé lundi l'accès parce qu'il soutient le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre ...

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leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 23h00

Soutien du BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël), Patrice Leclerc n'a pu franchir la frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée.

Il n'a cessé d'affiche son engagement pour la création d'un Etat palestinien. Patrice Leclerc, le maire communiste de Gennevilliers, une commune des Hauts-de-Seine, près de Paris, s'est vu interdire lundi l'accès du territoire israélien en raison de son soutien au boycott d'Israël, ont annoncé les ministères de l'Intérieur et des Affaires Stratégiques.

Le maire des Hauts-de-Seine a ainsi été refoulé à la frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée par les autorités israéliennes. « Dans la mesure où il s'agit de quelqu'un qui soutient le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël) il a été décidé de ne pas l'autoriser à se rendre en Israël », a précisé un communiqué des deux ministères.

Avec d'autres élus français, Patrice Leclerc avait rendu visite en juin 2016 au député palestinien Marwan Barghouti, emprisonné en Israël pour meurtre depuis 2002.

Alors que Donald Trump avait reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, le maire communiste avait décidé de prendre un arrêté de reconnaissance de la Palestine, avant d'y renoncer pour éviter d'être poursuivi par l'Etat français.

En novembre dernier, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et quatre députés de la France insoumise (Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier) comptaient se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens pour rencontrer également Marwan Barghouti. Mais face au refus d'Israël, ils avaient annulé leur voyage.

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Un régime plus sévère pour les élus

Le ministre des Affaires stratégiques et de la sécurité intérieure Gilad Erdan, a pour sa part souligné que l'interdiction d'entrée en Israël est appliquée d'autant plus sévèrement que ceux qui « appellent à un boycott exercent des fonctions officielles ».

La campagne mondiale non-gouvernementale BDS est destinée à exercer des pressions sur Israël pour mettre notamment fin à l'occupation des Territoires palestiniens, jugée illégale par communauté internationale.

Le gouvernement israélien combat farouchement tout ce qui ressemble à une entreprise de boycott, qu'il assimile à une menace stratégique et dénonce comme une remise en cause de la légitimité de l'Etat d'Israël.

BDS s'inspire de la lutte menée contre le régime de l'apartheid en Afrique du sud. En mars 2017, le Parlement israélien a voté une loi interdisant l'entrée en Israël des partisans du mouvement « BDS ».

Le gouvernement a ensuite publié en janvier une liste d'une vingtaine d'organisations dont les membres sont interdits d'entrée en Israël, dont onze européennes, comme BDS France, Palestine Solidarity Campaign ou l'Association France-Palestine Solidarité.

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