François Hollande : "Nous ne devrons pas oublier ce qu'ont fait les médecins généralistes"

François Hollande : "Nous ne devrons pas oublier ce qu'ont fait les médecins généralistes"
François Hollande, le 11 février 2020

, publié le vendredi 05 juin 2020 à 11h20

"Il faut améliorer notre niveau de réponse pour définir les bonnes pratiques à adopter si une telle situation venait à se reproduire", commente l'ancien président de la République au sujet de la crise sanitaire du coronavirus, qui a fait de nombreuses victimes dans le corps médical.

Le reflux encore précaire de l'épidémie de Covid-19 constaté en France laisse la place aux bilans des pertes. Parmi les personnels en première ligne, les médecins libéraux ont payé un lourd tribut, avec les décès de dizaines de praticiens dus au coronavirus.

Dans les colonnes du magazine médical Le Généraliste, François Hollande a rendu hommage à la quarantaine de médecins libéraux décédés, qui ont "servi leur pays avec abnégation et humanité" et "sans toujours disposer des outils de protection indispensables".


Dès le début de l'épidémie, "les généralistes sont montés en première ligne", "beaucoup n'étaient pas conscients des risques qu'ils prenaient, mais tous ont été à un moment ou un autre en contact avec ce virus, sans toujours disposer des outils de protection indispensables", regrette l'ancien président de la République, dans une interview à l'hebdomadaire, à paraître vendredi 5 juin. "Nous ne devrons pas oublier ce qu'ont fait les médecins généralistes durant cette crise", insiste t-il.

"Il est clair qu'il y a eu notamment un manque de masques mais aussi un défaut d'information, pas seulement envers les médecins mais aussi envers toutes les personnes qui pouvaient être infectées. Il a fallu du temps pour que collectivement, nous prenions conscience que toutes les formules de prévention devaient être utilisées dans le délai le plus court", ajoute-t-il.

Selon l'ancien chef de l'Etat, "certes, il était nécessaire de donner des masques aux hôpitaux, mais il était aussi nécessaire de les porter dès le début de l'épidémie et de les mettre à disposition de tous beaucoup plus tôt".  Mais "ce qui a sûrement manqué au début de l'épidémie, c'est la coordination et la mise en commun de tout ce qui pouvait permettre de prévenir la propagation du virus et d'assurer l'accompagnement des patients", ajoute-t-il. 

"Je sais par expérience comment un pays peut basculer si on ne répond pas avec fermeté et solidarité à une menace soudaine et cruelle", fait valoir l'ex-président de la République, pour qui "cet épisode ne doit pas être une simple crise que l'on traverse intensément et que l'on oublie rapidement". "Il faut améliorer notre niveau de réponse pour définir les bonnes pratiques à adopter si une telle situation venait à se reproduire", affirme-t-il.


Selon Le Généraliste, une quarantaine de médecins libéraux, dont une majorité de généralistes, sont décédés des suites du coronavirus. Le magazine dresse le portrait de dix-sept d'entre eux (seize hommes et une femme), qui avaient entre 59 et 75 ans.
 

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