François Hollande : "Le gauchisme n'a aucune chance face au nationalisme"

François Hollande : "Le gauchisme n'a aucune chance face au nationalisme"
François Hollande, le 15 novembre 2018, à Athènes

, publié le mercredi 18 décembre 2019 à 13h53

L'ancien président de la République veut "être un contributeur" dans l'émergence d'une nouvelle "force" de gauche, appelant à l'émergence d'une "social-démocratie renouvelée" pour faire face au risque d'une "alternative d'extrême-droite"'.

"C'est la crédibilité qui a une chance, c'est le réformisme qui a une chance". Dans une interview accordée à France Inter ce mercredi 18 décembre. François Hollande a appelé à la création d'une nouvelle "force" à gauche en réponse à la perspective d'une victoire de l'extrême droite en 2022. 

"Il va falloir qu'il se passe quelque chose (...) une mobilisation citoyenne, un parti, une organisation, un mouvement, une force qui surgisse à partir de ce qui existe aujourd'hui et qui puisse faire entendre la voix de l'espérance", a lancé l'ex-chef de l'Etat.

Selon lui, "il y a un problème de débouché politique" en 2022 à la crise sociale actuelle sur la réforme des retraites et l'ancien dirigeant du PS "veut être un contributeur parmi d'autres de cette force qui doit naître", "nécessaire pour la gauche et pour la France". "Sinon le risque, c'est quand même une alternative d'extrême droite", a-t-il appuyé.

Pour l'ancien de l'Etat, la leçon de l'échec des travaillistes et de Jeremy Corbyn aux élections britanniques jeudi dernier, c'est que "le nationalisme, le souverainisme est plus fort que le gauchisme". "Le gauchisme n'a aucune chance face au nationalisme", a-t-il martelé, dans une allusion indirecte au leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. "C'est la crédibilité qui a une chance, c'est le réformisme qui a une chance", "la social-démocratie renouvelée a une chance", a poursuivi l'ancien chef de l'Etat.

Même si elle est moribonde, lui demande-t-on? "Il y a des moribonds qui peuvent demain être en bonne santé, à condition qu'ils se soignent", a-t-il répondu.

"La menace, elle est là. Donc pour la gauche et notamment pour le mouvement socialiste, on ne peut pas en rester là, on ne peut pas être simplement spectateur de ce qui se passe", a-t-il mis en garde. Selon lui, il faut une "incarnation", une "figure" pour cette nouvelle force, "on verra qui". "Je ne vais pas moi-même m'imposer, je ne vais pas moi-même considérer que je suis une solution quand certains pensent que j'ai été un problème", a t-il encore ajouté.

 

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