Au cœur de la polémique, François de Rugy démissionne

Au cœur de la polémique, François de Rugy démissionne
François de Rugy, le 14 juillet 2019 à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 16 juillet 2019 à 14h40

Affaibli par des révélations sur son train de vie, le ministre de la Transition écologique a présenté sa démission mardi matin au Premier ministre, s'estimant victime d'un "lynchage médiatique". "La démission est provoquée par une nouvelle enquête", assure Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, selon qui l'ancien député s'est servi de ses frais de mandat pour payer sa cotisation à son parti politique Europe-Écologie- Les Verts. 

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, au centre d'une polémique sur des dépenses excessives, a annoncé avoir présenté sa démission mardi 16 juillet au Premier ministre Édouard Philippe. "Les attaques et le lynchage médiatique dont ma famille fait l'objet me conduisent aujourd'hui à prendre le recul nécessaire - ce que chacun comprendra. La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que m'ont confiée le Président de la République et le Premier ministre. Dès lors, j'ai présenté ma démission au Premier ministre ce matin", précise-t-il dans un communiqué.

Le président Emmanuel Macron a dit mardi avoir accepté la démission de François de Rugy, soulignant qu'il s'agissait d'une "décision personnelle" du ministre de la Transition écologique.

"Il s'agit d'une décision personnelle" que le chef de l'État "respecte pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement", a indiqué l'Élysée à l'AFP.


"Il va se faire défoncer"

Le numéro deux du gouvernement, qui devait présenter mardi au Sénat le projet de loi énergie et climat, s'est entretenu dans la matinée avec Édouard Philippe. Son passage devant les députés lors des questions au gouvernement à 15h s'annonçait difficile. "Il va se faire défoncer", assurait un député La République en marche à l'AFP, précisant : "Lorsqu'on nous demandera d'applaudir à ses réponses, on se planquera".

Jusqu'à lundi soir, l'ancien président  de l'Assemblée nationale bénéficiait pourtant du soutien de l'exécutif. De Belgrade où il était en visite, Emmanuel Macron avait affirmé avoir "demandé au Premier ministre d'apporter toute la clarté" sur cette affaire afin de prendre des décisions sur la base "de faits", estimant que "sinon, ça devient la République de la délation".

"Je suis trop attaché à l'écologie à laquelle j'ai consacré tout mon engagement militant, pour accepter que notre action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes", justifie l'ancien élu EELV, qui "remercie" le président et le Premier ministre "de la confiance qu'ils (lui) ont témoignée" et leur redit sa "fidélité".

Une nouvelle enquête de Mediapart 

François de Rugy, épinglé par Mediapart pour ses dîners fastueux à l'Hôtel de Lassay lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, entre 2017 et 2018, et pour les travaux de rénovation qu'il a fait faire dans son appartement de fonction ministériel, Hôtel Roquelaure, a également précisé avoir déposé plainte contre le site d'information, dénonçant des "contre-vérités".

"Mediapart n'a fait que son travail et continuera de le faire", a déclaré à l'AFP le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi après cette annonce. "La démission de M. Rugy, qui n'appartient qu'à lui et au gouvernement, montre une chose : l'information a été plus forte que la communication"

"La démission est provoquée par une nouvelle enquête. Nous avons transmis hier soir de nouvelles questions sur l'utilisation de ses indemnités de mandat quand il était député (...) Nous faisons notre travail au service de l'intérêt général", a de son côté assuré Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart.


Selon le média en ligne, François de Rugy a enfreint lorsqu'il était député l'interdiction de se servir de ses frais de mandat pour payer sa cotisation à son parti politique.
 

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