Fonctionnaires parlementaires : l'Assemblée nationale va se serrer la ceinture

Fonctionnaires parlementaires : l'Assemblée nationale va se serrer la ceinture
« Il n'y aura aucune remise en cause ni du statut, ni des rémunérations », promet François de Rugy, président de l'Assemblée nationale.

leparisien.fr, publié le lundi 25 juin 2018 à 09h15

Ne leur en déplaise, les fonctionnaires du Palais Bourbon vont, eux aussi, devoir montrer l'exemple alors que se prépare une réforme de la fonction publique parlementaire.

Après les cheminots et avant les fonctionnaires, c'est aujourd'hui le personnel de l'Assemblée nationale qui craint pour son statut. Les textes qui le régissent, vieux de plus de trente ans, viennent d'être passés au scanner par les deux secrétaires généraux, de la présidence de l'Assemblée et de la questure (le ministère des Finances de l'Assemblée).

Les conclusions, que nous avons pu consulter, augurent des bouleversements profonds d'ici à 2022, la fin de la législature : réduction d'effectifs, recours à des contractuels, externalisation de certaines missions (comprenez appel à des sociétés privées), réorganisation des corps et des carrières, révision du système des primes, mobilité interne... Une petite révolution, et une première dans l'histoire de l'institution !

Meeting dans les sous-sols

De quoi inquiéter et mobiliser les fonctionnaires de l'Assemblée, des agents de la maintenance aux administrateurs les plus gradés. Meeting dans les sous-sols du Palais Bourbon, tracts, lettre aux députés... « En défendant notre statut, nous nous battons pour la qualité de la mission de service public que nous rendons », se défend un syndicaliste CGT.

Des tensions exacerbées ces derniers jours par la divulgation, à l'initiative des députés eux-mêmes, d'informations sur les salaires et le train de vie hors norme de certains hauts fonctionnaires, comme nous en avons fait état...

« L'administration parlementaire ne peut pas rester à l'écart du chantier de la réforme de la fonction publique, elle doit même donner l'exemple », insiste Florian Bachelier. Pour négocier ce virage, le premier questeur et député LREM d'Ille-et-Vilaine, et François de Rugy, le président de l'Assemblée, sont à la manœuvre. Avec une volonté d'apaisement non dissimulée : « Il n'y aura aucune remise en cause ni du statut, ni des rémunérations », martèle François de Rugy.

Le délicat sujet de la privatisation

La baisse des effectifs ? « L'accélération de la mutation des organisations de travail et la diminution d'un tiers du nombre des parlementaires qui devrait intervenir après la révision constitutionnelle nous obligent en responsabilité à y travailler, explique Bachelier. Mais cette baisse sera faible et facilitée par les départs naturels à la retraite. »

Sur le délicat sujet de la privatisation, on cherche aussi à rassurer. « Il est exclu d'externaliser tout ce qui est directement lié à l'autonomie constitutionnelle du Parlement », peut-on lire dans le document de travail qui sert de base aux négociations.

Quant à la refonte des carrières qui inquiète tant le personnel ? « Il s'agit de débloquer le système actuel qui freine la mobilité et l'évolution professionnelle des fonctionnaires de l'Assemblée », justifie Florian Bachelier.

Les négociations - une réunion d'étape aura lieu ce mercredi - se poursuivront sur toute l'année 2019. Le passage vers un Parlement du XXIe siècle se fera en douceur... ou ne se fera pas.

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