Financements libyens : ce que dit Sarkozy, ce que dit Mediapart

Financements libyens : ce que dit Sarkozy, ce que dit Mediapart

Nicolas Sarkozy, le 22 mars 2018, sur le plateau de TF1 (capture d'écran).

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leparisien.fr, publié le vendredi 23 mars 2018 à 14h21

L'ancien président et le site d'informations échangent argument contre argument depuis jeudi.

Mis en examen mercredi dans l'affaire des supposés financements par la Libye de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a contre-attaqué sur TF1 le lendemain en ciblant les enquêtes de Mediapart et les affirmations de Ziad Takieddine, l'intermédiaire présumé des fonds. Le site d'informations a répliqué dans la foulée.

Sur la journée du 26 janvier 2007Dans le livre de deux journalistes de Mediapart, Fabrice Arfi et Karl Laske, Ziad Takieddine affirme avoir remis de l'argent liquide « autour du 27 janvier (2007) » et avoir à « cette occasion » vu « Nicolas Sarkozy directement » à Paris.

Nicolas Sarkozy a vertement réfuté ces accusations, jeudi : « Il n'a pas de chance, cet escroc, parce que j'ai la preuve que le 27 janvier, je n'étais pas à Paris. J'étais en Avignon. Le 28 janvier je n'étais pas à Paris, j'étais en Avignon. Que le 26 janvier, je n'étais pas à Paris, j'étais en Poitou-Charentes. Et que le 25 janvier dans l'après-midi, je n'étais pas à Paris, j'étais à Saint-Quentin. »

Comme l'a démontré BuzzFeed, Nicolas Sarkozy était bien à Paris le 26 janvier 2007. Des photos et une dépêche AFP attestent qu'il a assisté aux obsèques de l'Abbé Pierre le matin, à Notre-Dame-de-Paris. Il s'est ensuite rendu dans la journée à Vivonne, dans la Vienne. Son entourage, cité par le site d'information, reconnaît qu'il était bien à la cérémonie pour l'Abbé Pierre. « Ce qu'il a voulu dire, c'est qu'il n'était pas à son bureau. Son agenda l'atteste », précise cette source.

Sur la « note Koussa », un prétendu « faux »Jeudi soir, Nicolas Sarkozy présente un « PV de synthèse d'une commission rogatoire » selon lequel Mediapart aurait produit un « faux ». Le document que l'ancien président met en cause serait une note officielle libyenne, dite « note Koussa », datée du 10 décembre 2006 évoquant un soutien financier à sa campagne présidentielle à hauteur de 50 millions d'euros. Après sa diffusion par Mediapart, le 28 avril 2012, Nicolas avait porté plainte pour faux et usage de faux.

Selon le document de la police judiciaire que lit Nicolas Sarkozy, il existe « une forte probabilité pour que le document produit par Mediapart soit un faux le rendant déontologiquement impropre à sa diffusion ».

Le site d'informations se défend en disant que « Nicolas Sarkozy utilise une phrase extraite d'un procès-verbal de décembre 2015, rédigé avant les expertises ». « Il cite un document qui était préalable à l'enquête, à la procédure », s'insurge Fabrice Arfi sur BFMTV, vendredi. Mediapart rappelle que la justice a débouté à deux reprises l'ex-chef de l'Etat, en mai 2016 puis en novembre 2017. Nicolas Sarkozy s'est pourvu en cassation.

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17 commentaires - Financements libyens : ce que dit Sarkozy, ce que dit Mediapart
  • Ce que l'histoire retiendra surtout c'est que Sarkosy a fait venir deux dictateurs, Assad et Khadafi, dans la tribune officielle de la Fête Nationale du 14 juillet... Évidemment, un honneur pour la France! Quelle maitrise!

  • Pourquoi ne pas avoir préparé une succession a mettre en place,juste avant d'éliminer Kadhafi ?

  • A mon avis la justice

    Amènera d'autres Preuves au dossier !

  • Kadhafi, Bettencourt, Bygmalion, le bateau Sarkozy prend l'eau de toutes parts

  • Nicolas Sarkozy aura été le plus calamiteux et médiocre président que nous aurons élu, il a laissé une sacrée ardoise et sa présidence n' a été qu'une suite de scandales. Le plus grand service qu'il pourrait rendre au pays serait qu'il se taise et se fasse oublier.