Financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen pour "association de malfaiteurs"

Financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen pour "association de malfaiteurs"
Nicolas Sarkozy le 25 juin 2020 à Neuilly-sur-Seine.

, publié le vendredi 16 octobre 2020 à 12h34

L'ancien président de la République avait déjà été mis en examen en mars 2018 dans cette affaire pour "corruption passive", "recel de détournement de fonds publics" et "financement illégal de campagne".  Il estime que son innocence est "à nouveau bafouée".

L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a été mis en examen lundi 12 octobre à l'issue de quatre jours d'audition pour "association de malfaiteurs" dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007, a confirmé vendredi le Parquet national financier (PNF) à l'AFP, après une information de Mediapart. Le 31 janvier, les magistrats avait déjà mis en examen pour "association de malfaiteurs" l'un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, soupçonné d'avoir touché des fonds provenant du régime libyen de Kadhafi.




Cette nouvelle poursuite, révélée par le site d'information en ligne, est la quatrième dans ce dossier pour l'ancien président de la République après les mises en examen prononcées en mars 2018 pour "corruption passive", "recel de détournement de fonds publics" et "financement illégal de campagne". Il avait été placé sous contrôle judiciaire. Le PNF avait à l'époque signé un réquisitoire supplétif élargissant l'enquête des faits d'"association de malfaiteurs". 

"J'ai appris cette nouvelle mise en examen avec la plus grande stupéfaction", a aussitôt réagi Nicolas Sarkozy sur Facebook, estimant son "innocence à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d'un quelconque financement illicite".

"Je subis cette nouvelle épreuve en demandant à tous ceux qui m'ont fait et continuent à me faire confiance de comprendre que je finirai par prouver ma parfaite innocence. J'y mettrai toute la détermination et l'énergie dont je suis capable. L'injustice ne gagnera pas", a-t-il assuré. 



Beaucoup d'indices, mais aucune preuve

Lors de sa dernière audition, en juin 2019, Nicolas Sarkozy avait déjà dit être "totalement innocent dans cette affaire", dénoncé un "complot", puis refusé de répondre aux questions des magistrats instructeurs, le temps de l'examen de recours visant à faire annuler l'enquête. Mais un arrêt de la cour d'appel de Paris du 24 septembre a permis de relancer l'enquête : la chambre de l'instruction, chargée d'étudier les recours contre les actes d'instruction, a rejeté l'essentiel des arguments du camp Sarkozy qui invoquait des nullités contre ces investigations. Elle a ainsi presque entièrement validé les investigations lancées il y a huit ans dans cette affaire aux multiples ramifications. Nicolas Sarkozy s'est pourvu en cassation contre cette décision, tout comme MM. Woerth, Guéant, Djouhri, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d'un intermédiaire... En sept ans de travail, les magistrats ont réuni une somme d'indices troublants qui ont donné corps à la thèse selon laquelle la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy a été financée par le régime de Mouammar Kadhafi, en échange d'une réhabilitation du dictateur libyen sur la scène internationale. Toutefois, aucune preuve matérielle indiscutable n'a pour l'heure été trouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à neuf mises en examen à ce jour.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.