Financement de campagne : Emmanuel Macron oppose une fin de non-recevoir à Marine Le Pen

Financement de campagne : Emmanuel Macron oppose une fin de non-recevoir à Marine Le Pen
Emmanuel Macron, le 31 octobre 2021 à Rome.

publié le mercredi 03 novembre 2021 à 09h04

Alors que la candidate du Rassemblement national l'avait "alerté" sur les ses difficultés de financement de la campagne présidentielle, le chef de l'État lui a répondu par courrier qu'il ne saisirait pas le Parlement comme elle le demandait.

Emmanuel Macron n'accède pas à la demande de Marine Le Pen. Dans un courrier daté du 2 septembre, la candidate du Rassemblement national avait "alerté" le chef de l'État sur les difficultés de financement de la campagne présidentielle , lui demandant de "saisir très rapidement le Parlement afin d'ouvrir de nouvelles possibilités de financement".



"L'organisation d'un débat parlementaire que vous appelez de vos voeux constitue une prérogative partagée entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Vous comprendrez que le président de la République, garant des institutions, ne se prononce pas sur une telle initiative", lui a répondu le président de la République dans un courrier daté du 25 octobre révélé par RTL et obtenu par l'AFP, en invitant la candidate du Rassemblement national à se rapprocher du président de l'Assemblée nationale ou des présidents des groupes parlementaires.

Emmanuel Macron renvoie également Marine Le Pen à la création, par la loi du 15 septembre 2017, d'un "médiateur du crédit" qui vise à "faciliter le dialogue" entre les institutions bancaires, les candidats ou les partis politiques.

Le RN en grandes difficultés financières

Le Rassemblement national est en grande difficultés financières, avec une dette qui s'élevait à 24 millions d'euros en 2018, et a du mal à trouver des financements auprès des banques.

Lors de la présidentielle de 2017, il avait eu recours à un prêt russe de 9 millions d'euros contracté en 2014, qu'il est toujours en train de rembourser. Le RN avait aussi emprunté 6 millions d'euros au micro-parti Cotelec de Jean-Marie Le Pen, et 8 millions d'euros à un homme d'affaires Laurent Foucher. Le parti re-prête ensuite ces sommes à la candidate.

Mais depuis la loi "pour la confiance dans la vie politique" de 2017, il n'est plus possible d'emprunter d'argent à des banques non européennes, ni à des entreprises privées. Par ailleurs, depuis une modification de 2001 de la loi de 1962, un candidat à la présidentielle ne peut plus contracter de prêt auprès d'un particulier selon la Commission des comptes de campagne (CNCCFP). "Ainsi les candidats ne peuvent même plus faire appel aux prêts des citoyens pour financer leur campagne présidentielle", a déploré la députée du Pas-de-Calais dans son courrier, regrettant que "la banque de la démocratie", idée soutenue par le Haut commissaire au plan et allié d'Emmanuel Macron, François Bayrou, n'ait "pas vu le jour".

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