Fermeture des parcs et jardins en zone rouge : Yannick Jadot dénonce "l'infantilisation" des Français

Fermeture des parcs et jardins en zone rouge : Yannick Jadot dénonce "l'infantilisation" des Français
Les grilles fermées du Jardin du Luxembourg à Paris, le 20 avril 2020.

, publié le mercredi 27 mai 2020 à 15h35

Pour l'eurodéputé EELV, cette fermeture est une "aberration". 

Le député européen Europe Ecologie - Les Verts Yannick Jadot a plaidé mercredi 27 mai sur BFMTV pour une réouverture des parcs et jardins dans tous les départements, même ceux classés en zone "rouge". "On est dans une période où il fait beau, où les gens s'agglutinent autour des parcs, sont extrêmement proches les uns des autres et vous avez ces parcs fermés où personne ne peut aller", a déploré l'écologiste. "C'est dur pour les adultes, c'est très dur pour les enfants", la population "a besoin de la nature, a besoin d'espace", a poursuivi l'élu qui estime que la fermeture des parcs et des jardins à Paris était une "aberration".



Si la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo a demandé à plusieurs reprises la réouverture des parcs et jardins, le gouvernement est resté inflexible.

Une décision que regrette Yannick Jadot qui pointe du doigt "l'infantilisation" des Français. "On les a infantilisé, on les a culpabilisé", dénonce-t-il. "Les Français ont été extrêmement responsables pendant cette période, mais quand on leur explique que s'ils ne sont pas sages, s'ils se comportent mal, on va reconfiner, c'est une forme de culpabilisation", a-t-il ajouté. "Partout en Europe les Européens ont été responsables, ils ont bien compris qu'il y avait un danger, ils ont bien compris qu'il ne fallait pas faire la fête tous ensemble dans les parcs et les jardins", souligne-t-il.

Les écologistes de Paris et d'Île-de-France ont annoncé mardi avoir saisi le Conseil d'Etat en référé-liberté pour obliger l'Etat à rouvrir les parcs et jardins dans les zones dites "rouges". Cette saisine fait suite à celle, lundi, de l'association Respire, qui a fait la même demande, jugeant la fermeture des parcs et jardins contre-productive dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19. "Il est incontestable que l'interdiction d'accéder aux parcs, jardins et autres espaces verts aménagés porte une atteinte à la liberté fondamentale de bénéficier d'un environnement équilibré et respectueux de la santé", font valoir les groupes EELV-Paris et EELV-Île-de-France dans leur requête. Ils soulignent que "les effets bénéfiques sur la santé des espaces verts sont rendus particulièrement nécessaires alors que les Français ont été confinés pendant plus de deux mois, parfois dans des logements exigus ne disposant d'aucun espace extérieur".


"La protection de la santé et plus spécifiquement la lutte contre la propagation du Covid-19 sont certes des motifs légitimes pouvant justifier une ingérence des autorités publiques dans la liberté d'aller et venir, le droit à un environnement équilibré et respectueux de la santé et la protection de l'intérêt supérieur de l'enfant", reconnaissent les écologistes. Mais "l'interdiction générale et absolue" d'accès aux parcs et jardins "apparait désormais comme manifestement disproportionnée", disent-ils, notant que "la situation sanitaire s'est considérablement améliorée, y compris dans les zones classées rouges". Cette interdiction "conduit à un effet inverse à l'objectif poursuivi", puisqu'elle a provoqué, depuis le début du déconfinement, "des attroupements massifs de la population dans les espaces à l'air libre disponibles", ajoutent-ils.

Par ailleurs, le député européen a plaidé pour une aide provisoire, allant "jusqu'à 500 euros", pour aider les ménages les plus modestes à faire face à la crise économique après l'épidémie de coronavirus. "Beaucoup de Français sont dans une situation économique extrêmement difficile", c'est pourquoi "les écologistes proposent une aide substantielle aux revenus, jusqu'à 500 euros, pour les personnes qui bénéficient des minima sociaux", a-t-il affirmé.

Cette aide provisoire devrait rester en place "au moins jusqu'à la rentrée", a-t-il ajouté. "Entre l'augmentation des frais d'alimentation, d'électricité... vous ne pouvez plus payer vos loyers", alors que "les petits surplus que les ménages avaient par un petit boulot, parfois pas déclaré, qui permettait de boucler le mois, tout cela a disparu", a-t-il poursuivi. Il a également réitéré son appel à recréer "300.000 emplois aidés d'ici 2020", jugeant que "c'est essentiel pour les jeunes".

Interrogé sur le plan d'aide au secteur automobile dévoilé mardi par Emmanuel Macron, Yannick Jadot a estimé qu'il y avait dedans "de bonnes choses" notamment pour favoriser l'achat de véhicules hybrides ou électriques. Mais il a "profondément" regretté "qu'on exclut pas les SUV" du système de primes, alors qu'"en dix ans le marché à explosé" au point de faire des SUV "la deuxième cause de dérèglement climatique dans le monde".

Et "on ne met pas en perspective la question de l'automobile" qui "est en train de devenir un service", à l'heure où "on achète moins sa voiture" pour "louer, faire du covoiturage", a-t-il ajouté. Le plan "n'intègre pas cette évolution majeure du monde de l'automobile", a relevé l'écologiste pour qui, "à un moment donné, si on n'y prend pas garde, il n'y aura plus de grands constructeurs automobiles européens, il y aura Google et il y aura les Chinois".
 

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