Face aux polémiques, François de Rugy est peu soutenu

Face aux polémiques, François de Rugy est peu soutenu
François de Rugy, le 13 juillet 2019, à Niort.

, publié le samedi 13 juillet 2019 à 13h15

Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics Olivier Dussopt a assuré samedi matin sur Franceinfo que le gouvernement était "toujours solidaire" du ministre de la Transition écologique, objets de révélations embarrassantes. Mais rares sont les personnalités à le défendre publiquement. 

Dîners fastueux, travaux aux frais du contribuable, collaboratrice ayant indûment conservé son HLM, logement à loyer encadré ...

 Depuis plusieurs jours, des révélations publiées dans la presse embarrassent le ministre de la Transition écologique François de Rugy. La dernière en date concerne ses impôts sur le revenu de 2014.

Pour autant l'ancien président de l'Assemblée nationale a assuré vendredi matin sur BFMTV qu'il ne démissionnerait pas, expliquant avoir reçu le soutien du président Emmanuel Macron. "Le gouvernement est toujours solidaire", a confirmé samedi 13 juillet sur Franceinfo Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics chargé de la fonction publique. Il a assuré que "des vérifications sont faites" et que le gouvernement avait "la volonté de faire toute la lumière" sur ces affaires". Il a rappelé que "à ce stade, il n'y a rien qui entre dans le champ de la légalité, il n'y a pas d'enquête ou d'information judiciaire ouverte". 



Il a néanmoins reconnu certaines images pouvaient "choquer et interroger", surtout dans un contexte où "on demande beaucoup d'efforts aux Français". Un avis partagé par bon nombre de ses collègues du gouvernement.



Rares soutiens

Le ministre de la Transition écologique trouve peu de voix pour le défendre publiquement. Son amie, la députée Barbara Pompili (La République en marche, LREM) a estimé jeudi qu'il "était sincère dans ce qu'il a fait" mais qu'il n'avait "pas suffisamment fait la part des choses" lorsqu'il organisait des dîners fastueux en tant que président de l'Assemblée nationale. 

Mais l'ancien porte-parole du gouvernement et fidèle d'Emmanuel Macron Benjamin Griveaux a estimé vendredi sur France 2 que ces dépenses donnaient "une image terrible" des hommes politiques à l'heure où le gouvernement "demande des efforts".  "Quand on est un jeune engagé en politique, ça fout un peu les boules de se dire que ça alimente l'idée que tous les politiques se gavent aux frais du contribuable, alors que ce n'est pas le cas", a également déploré sur France Inter Gabriel Attal, secrétaire d'État à l'Éducation.



La veille, Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes affirmait, sur le plateau de LCI, qu'elle comprenait "l'émotion et l'indignation" suscitées par les dîners de François de Rugy. Et de renchérir : "Une des premières mesures que j'ai prises à mon ministère, c'est de faire en sorte qu'on serve de l'eau en carafe et des plats extrêmement simples".

"Il n'y a pas de solidarité incroyable vis-à-vis de Rugy"
 
Les marcheurs "ne veulent ni enfoncer ni soutenir. Ils laissent faire", a confié cette semaine à l'AFP un député LREM. Les parlementaires "ont très mal vécu les épisodes de moralisation, ils vivent assez mal le flicage, surtout qu'ils ont la sensation d'être transparents", a par ailleurs décrypté un ministre en référence aux lois de 2017 qui visaient à assainir la vie politique.

De plus, François de Rugy, qui avait initialement participé comme candidat écologiste à la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle, ne fait pas partie des marcheurs pur sucre et à ce titre dispose de peu d'appuis solides, que ce soit dans la garde rapprochée du chef de l'État comme à l'Assemblée. 

Un cadre du groupe au Palais-Bourbon, qui juge M. de Rugy "pas au niveau" et l'exhorte à "en tirer les conséquences", a confirmé : "Il n'y a pas de solidarité incroyable vis-à-vis de Rugy... Il n'y a pas de lien fraternel, et ce depuis le début".
 

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