Face aux députés LREM, Gilles Le Gendre se défend de tout "mépris" et réaffirme "sa confiance" à Edouard Philippe

Face aux députés LREM, Gilles Le Gendre se défend de tout "mépris" et réaffirme "sa confiance" à Edouard Philippe
Le président du groupe LREM à l'Assemblée Gilles Le Gendre, le 19 février 2020.
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, publié le mardi 09 juin 2020 à 14h33

Le chef de file des députés macronistes s'est expliqué mardi devant ses troupes après la révélation d'une note dans laquelle il plaidait pour un changement de Premier ministre, tout en estimant qu'il ne voyait "aucun candidat crédible" pour Matignon au sein de son groupe.

Fragilisé après la fuite d'une "note" sur un remaniement ministériel, Gilles Le Gendre s'est expliqué mardi 9 juin devant les députés de La République en marche. Alors que plusieurs élus s'attendaient à une réunion "compliquée" et s'interrogeaient sur son maintien à la présidence du groupe LREM à l'Assemblée nationale, aucun "marcheur" n'a demandé expressément son départ lors de cette longue visio-réunion, rapporte l'AFP




"Je me sens redevable vis-à-vis de chacune et chacun d'entre vous pour réparer le lien de confiance qui a été abîmé" par la divulgation vendredi dernier de cette note par Marianne, a lancé l'élu de Paris, selon des propos rapportés.

Selon l'hebdomadaire, il aurait adressé "fin mai" des "notes de travail" au président Emmanuel Macron, pour proposer des pistes de casting gouvernemental en cas de remaniement. Il évoquait notamment le remplacement d'Edouard Philippe à Matignon par le ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian qui "saura gérer la majorité" mais "appuiera peu l'élan que nous souhaitons donner" ou le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui "porterait parfaitement la reconstruction" malgré un "faible charisme". Dans le groupe LREM, il n'y aurait en revanche "aucun candidat crédible" pour Matignon, selon lui. 

"Rien ne m'est plus étranger que le mépris"

Gilles Le Gendre a évoqué un simple "message" sur le réseau Telegram et un "casting détaillé" dont il ne serait pas "l'auteur". "C'est vrai, j'ai écrit que je ne voyais pas au sein du groupe de candidats au poste de Premier ministre. Mais il est tout aussi vrai que j'ai écrit (...) que beaucoup d'entre vous pouvaient légitimement espérer rentrer au gouvernement", a-t-il poursuivi. Et de lancer : "Rien ne m'est plus étranger que le mépris". 

"La mission que vous m'avez confiée est d'une difficulté inouïe, la période actuelle en apporte une nouvelle illustration", a-t-il complété alors que le contexte est déjà difficile pour LREM, avec la constitution en mai de deux nouveaux groupes à l'Assemblée avec des ex-LREM, et un second tour des municipales compliqué en vue. Le président des députés "marcheurs" a par ailleurs réaffirmé solennellement la "confiance au Premier ministre Edouard Philippe et à son gouvernement". "Le président de la République sera amené à annoncer ce qu'il souhaite pour la suite de ce quinquennat (...) Le jour venu, nous devrons tirer toutes les conséquences de ce nouveau mandat dans le mandat", a cependant souligné M. Le Gendre.

"Un sursis"

Plusieurs prises de parole ont suivi dont le président de l'Assemblée Richard Ferrand et le numéro un de LREM Stanislas Guerini, avec pour mot d'ordre "l'unité" et le retour à la "bienveillance", dans une période aux forts enjeux. "Les divisions sont létales", a insisté M. Ferrand, en référence également aux municipales.

Parmi les députés les plus remontés avant la réunion, certains ont même tenu des mots d'apaisement, d'après plusieurs participants. "Merci des mots que tu as choisis", a dit par exemple Bruno Questel. Roland Lescure, qui s'était présenté contre Gilles Le Gendre en 2018, a assuré qu'il n'était "candidat à rien" aujourd'hui.

Quelques députés ont été critiques néanmoins, comme François Cormier-Bouligeon qui a demandé y compris à Gilles Le Gendre d'"arrêt(er) de faire la danse du ventre pour rentrer au gouvernement", ou Jean-Baptiste Moreau qui a étrillé une note "du niveau du café du commerce". 

C'est "triste au global" et "rien ne va en sortir ni de bien ni de constructif", a déploré auprès de l'AFP une "marcheuse". Pour Gilles Le Gendre, "c'est un sursis avec mise à l'épreuve d'un mois", durant lequel il doit "tenter de serrer les rangs avant la nouvelle étape du quinquennat" post-coronavirus, selon une source LREM.
 

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