Face aux crises qui "s'accumulent", Emmanuel Macron "ne peut pas y arriver seul", estime François Hollande

Face aux crises qui "s'accumulent", Emmanuel Macron "ne peut pas y arriver seul", estime François Hollande
François Hollande le 4 novembre 2020 à Paris.

, publié le vendredi 06 novembre 2020 à 16h00

Dans un entretien à Elle, l'ancien chef de l'Etat estime que son successeur "doit faire partager les décisions, avec le Parlement, les élus locaux, les forces politiques et les partenaires sociaux" pour faire face à toutes les crises que subit le pays.




Entre la crise sanitaire et économique liées à l'épidémie de Covid-19 et la multiplication des attaques terroristes ces dernières semaines, l'actualité française n'est pas au beau fixe. Autant de crises que l'exécutif doit gérer en même temps. "Chaque quinquennat a été marqué par des épreuves, nul n'a échappé à cette fatalité", rappelle François Hollande vendredi 6 novembre dans un entretien au magazine Elle, évoquant la guerre en Irak pour Jacques Chirac, la crise des subprimes pour Nicolas Sarkozy et les attentats terroristes pour ce qui le concerne. 

Néanmoins "aujourd'hui tout s'accumule, crises sanitaire, économique, sécuritaire et internationale", observe l'ancien chef de l'Etat. "Dans ce contexte, le président ne peut pas y arriver seul, il doit rassembler les citoyens et les mobiliser". Selon lui, son successeur Emmanuel Macron "doit faire partager les décisions, avec le Parlement, les élus locaux, les forces politiques et les partenaires sociaux", ajoute François Hollande. De nombreux opposants ont en effet dénoncé ces derniers jours une concentration du pouvoir et des décisions dans les Conseils de défense, tant contre le coronavirus que contre le terrorisme.

"Face à cette accumulation de défis, l'exercice solitaire du pouvoir comporte plus de risques que de chances", prévient l'ex-président socialiste. Selon lui, le gouvernement aurait par exemple dû "décentraliser les décisions" sur les fermetures des commerces de proximité, qui ont provoqué le mécontentement d'élus locaux.

Hollande a toujours "la flamme"

Plus généralement, François Hollande déclare s'inquiéter de l'état de la démocratie en France : "Le Parlement est absent, tous les partis politiques sont comme suspendus dans le vide. Les congrès ne se tiennent plus, les élections sont repoussées", dit-il alors que l'exécutif réfléchit au report des élections régionales et départementales de mars 2021 pour raisons sanitaires.

L'ancien président confie enfin avoir gardé "la flamme" de son "engagement politique". Et de conclure que "si elle ne s'est pas éteinte, d'autres peuvent la partager avec moi sans risquer de se brûler".

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