Face à Macron, la gauche tente de se serrer les coudes

Face à Macron, la gauche tente de se serrer les coudes

Ce jeudi 5 avril 2018, Francois Ruffin, Benoît Hamon et Pierre Laurent ont pris ensemble le train de la contestation.

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leparisien.fr, publié le jeudi 05 avril 2018 à 18h55

Dans le sillage de l'actuelle contestation sociale contre le gouvernement, communistes, insoumis et ex-PS se sont donné rendez-vous ce jeudi dans la Somme et en Seine-Maritime pour tenter de surfer sur la vague.

Ils tentent de monter ensemble dans le train de la contestation face à Emmanuel Macron. Ce jeudi, c'est (presque) toute la gauche politique qui a sauté dans un wagon depuis Paris, destination Woincourt (Somme) puis Le Tréport (Seine-Maritime), pour aller défendre le service public ferroviaire et alerter sur la possible disparition des petites lignes du rail. Ainsi a-t-on pu apercevoir Olivier Besancenot (NPA), récemment ressorti des limbes pour saisir le flambeau de l'opposition, accompagné de Benoît Hamon (Génération-s), Pierre Laurent (PCF) et des députés Insoumis Eric Coquerel et François Ruffin. Le PS, lui, n'est toujours pas convié à ces rendez-vous.

Alors que s'enclenche un mouvement social (étudiant, cheminot...) pour protester contre la politique du gouvernement, les partis de gauche tentent de se serrer les coudes. Objectif : parler d'une voix unie - là où la gauche est si habituée à se tirer dans les pattes - pour encourager la protestation syndicale. « La responsabilité, c'est l'unité, qu'on se prenne la main et qu'on tape sur le même clou », a estimé Benoît Hamon, lors d'une déclaration commune organisée au Tréport.

Sortir des grandes villes pour s'opposer depuis la provinceChoix qui n'est en rien anodin. L'ex-candidat socialiste à la présidentielle le relevait il y a peu : « Il faut nous déporter sur un terrain où on ne va jamais : la ville moyenne de province ». Et de lancer l'idée de déplacements communs à gauche sur ce qu'il estime être un front porteur de l'opposition à la politique du gouvernement. Sortir de Paris, des grandes villes. Cette parole unie doit aussi permettre de « donner une perspective politique aux différentes luttes », a précisé Sébastien Jumel, député PCF du coin, accusant le gouvernement de vouloir « casser le service public ferroviaire ». « Il y a matière à soutenir les syndicats et à infliger une défaite à Macron », a appuyé le député (LFI) de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel.

Ce soutien appuyé marque aussi un tournant dans la stratégie des Insoumis. Longtemps présentés comme principaux opposants au gouvernement, Jean-Luc Mélenchon et les siens réalisent, à la suite de l'échec de leur appel à la mobilisation cet automne contre la loi Travail, que leur stratégie solitaire ne paie pas. Et qu'elle est même contre-productive, tant Mélenchon clive à gauche. « Il y a une prise de conscience très forte que du fait que l'unité ne peut pas se faire seulement derrière nous », reconnaît un cadre insoumis. « Mélenchon cherche à sortir de son isolement », observe un ténor socialiste qui le connaît bien. Lui qui voulait à nouveau organiser une grande journée de mobilisation contre Macron, s'est bien retenu de le faire.

Mercredi soir, le député insoumis Ruffin a lancé l'idée d'une « fête à Macron » le samedi 5 mai, à l'occasion des un an de sa présidence. L'idée a été soutenue par Sébastien Jumel, au Tréport, et pourrait être adoubée par les autres formations. A condition que l'événement soit « unitaire » et non accaparé par un seul.

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