Extension du pass sanitaire : Gabriel Attal promet des "règles de souplesse" pour les adolescents

Extension du pass sanitaire : Gabriel Attal promet des "règles de souplesse" pour les adolescents
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le 13 juillet 2021.

publié le mardi 13 juillet 2021 à 15h15

Le porte-parole du gouvernement a également promis de la "souplesse" pour les salariés des établissements recevant du public et les Français de l'étranger.

Alors que le pass sanitaire va devenir obligatoire pour accéder à de très nombreux lieux de la vie quotidienne des Français, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a assuré mardi 13 juillet que des "règles de souplesse" s'appliqueront pour les enfants et adolescents de 12 à 18 ans, qui n'ont accès à la vaccination contre le Covid-19 que depuis le 15 juin.



"Il est hors de question d'imposer un été infernal" aux moins de 18 ans, dont un "faible nombre" a un schéma vaccinal complet contre le Covid-19, a-t-il déclaré à la sortie du Conseil des ministres, en affirmant que le gouvernement était "pragmatique" et soucieux de "faire prévaloir le bon sens". Il a indiqué que le ministre de la Santé Olivier Véran allait "échanger pour communiquer des règles de souplesse", peut-être "avant la fin de la journée".

En cette période de vacances, "de très nombreuses familles sont dans l'attente" de les connaître, a-t-il ajouté.

Il a évoqué plusieurs pistes : des tests valables au delà de 48 heures, la prise en compte d'une première dose, l'utilisation du statut vaccinal des parents... 

La "souplesse" a été demandée par plusieurs responsables politiques, comme Damien Abad, le chef de file des députés LR, qui a réclamé "une tolérance pendant l'été puisque la vaccination n'était ouverte que mi-juin". "Il ne faut pas exiger un pass sanitaire complet aux adolescents à chaque restaurant, café...", a-t-il ajouté, en souhaitant que la mesure soit appliquée "au 1er octobre". Pour Jean-Christophe Lagarde (UDI), "l'obligation n'est pas applicable aux moins de 18 ans avant le 15 septembre, à cause du calendrier de la vaccination".

Souplesse également pour les salariés des restaurants, cafés et centres commerciaux

Egalement concerné par l'extension de l'obligation du pass sanitaire, le personnel des restaurants, cafés et centres commerciaux bénéficiera également d'une certaine "souplesse". "Un certain nombre" de ces salariés "n'ont pas encore leur schéma vaccinal complet et là aussi, nous allons chercher à faire preuve de souplesse dans la manière dont ce pass sanitaire s'appliquera pour ces salariés", a expliqué Gabriel Attal.



Interrogé mardi matin sur la question des délais de mise en oeuvre pour les salariés, le secrétaire d'Etat avait d'abord répondu sur Europe 1 que "pour une personne qui n'aurait pas encore eu le temps de faire ses deux doses, elle peut évidemment bénéficier du pass sanitaire en faisant des tests régulièrement", tout en reconnaissant que "ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable". "La loi ne sera pas applicable à compter du 1er août, il y aura quelques jours de délai", avait ensuite nuancé le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV.

Par ailleurs, pour les Français de l'étranger ayant été vaccinés avec un vaccin non reconnu par les autorités européennes ou ne pouvant bénéficier d'un QR Code reconnu dans le pass sanitaire pour des raisons logistiques, des règles claires vont être fixées pays par pays d'ici "la fin de semaine" et seront mises en ligne sur le site du ministère des Affaires étrangères, a indiqué Gabriel Attal, soulignant que "nos compatriotes de l'étranger peuvent évidemment revenir en France pour les vacances". 

Une situation sanitaire qui se dégrade

Dans son allocution, le porte-parole du gouvernement a de nouveau encouragé les Français à se faire vacciner, soulignant que la quatrième vague épidémique devient "une réalité". "La quatrième vague pourrait avoir commencé, ce n'est plus un risque, c'est une réalité", a-t-il expliqué. "L'épidémie reprend dans notre pays, elle reprend vite", a-t-il insisté, ajoutant qu'il fallait "agir vite pour prendre l'épidémie de court, pour que cette vague ne nous submerge pas". 


"Au niveau national, le taux d'incidence accélère sa remontée. En une semaine, il a progressé de plus de 60% et il s'approche du seuil d'alerte", a indiqué Gabriel Attal, évoquant "une moyenne de plus de 3.000 cas par jour". Déjà passé majoritaire au cours du week-end dernier, "la part du variant Delta continue à augmenter" et "dépasse désormais les 60% des contaminations détectées dans notre pays", a-t-il poursuivi. 

Dans huit départements de métropole, le taux d'incidence "dépasse le seuil d'alerte de 50, il s'élève à 83 à Paris, près de deux fois plus qu'il y a une semaine. Il progresse de manière majeure dans toute l'Île-de-France, notamment chez les jeunes, il fait plus que doubler en région Sud. Dans le département des Pyrénées-Orientales, le taux d'incidence a augmenté de plus de 600% en une semaine, c'est du jamais-vu sur un territoire sur un temps si court depuis le début de l'épidémie", a insisté Gabriel Attal avant de rappeler le rôle majeur de la vaccination pour endiguer la progression du virus.

La vaccination est une "carte maîtresse" qui "freine considérablement l'épidémie", a martelé le porte-parole du gouvernement. "L'Institut Pasteur nous apprend qu'une personne non-vaccinée a 12 fois plus de risques de contaminer quelqu'un" et qu'une personne vaccinée a 20 fois moins de risques "de contracter une forme grave de la maladie", a souligné Gabriel Attal, déplorant le fait qu'à ce stade, la couverture vaccinale restait "insuffisante".
 

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