"Exclu" du PS, le maire de Strasbourg dénonce le "caporalisme" de la direction du parti

"Exclu" du PS, le maire de Strasbourg dénonce le "caporalisme" de la direction du parti
Le maire de Strasbourg Roland Ries le 1er octobre 2019 à Strasbourg

, publié le mercredi 23 octobre 2019 à 15h33

Le maire de Strasbourg Roland Ries a vivement dénoncé mercredi son "exclusion informelle" du Parti socialiste, blâmant le "caporalisme" de la direction du PS et de son Premier secrétaire Olivier Faure, dans un entretien accordé à l'AFP.

"Je ne crois pas que l'on règle des problèmes politiques par des actes d'autorité, par le caporalisme, l'orthodoxie proclamée et les exclusions mais par la discussion et l'acceptation de la différence", a-t-il fait valoir.

"Je n'imaginais pas que le PS pouvait encore en être à ce niveau là", a poursuivi le maire de Strasbourg, rappelant qu'il comptait "45 ans de vie" politique au sein de ce parti.

"La fermeture, l'autoritarisme, le caporalisme, tout cela ne s'attaque pas à la racine des choses et au fait que le PS est tombé très bas en l'espace de très peu de temps", a-t-il insisté.

Roland Ries figure parmi les 75 signataires -élus et anciens élus PS et écologistes- d'un "manifeste" publié le week-end dernier par Le journal du Dimanche. Cette tribune appelle à la création d'un "pôle de gauche dans la majorité" gouvernementale pour porter "une voix sociale et républicaine".

En la signant, le maire de Strasbourg "se situe dans la majorité (...). J'en tire la conclusion qu'il n'est plus membre du PS", a réagi le premier secrétaire du PS, cité par le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

"Olivier Faure ne m'a pas appelé, j'ai appris (mon exclusion) par la presse", a déploré Roland Ries qui a annoncé il y a quelques mois qu'il laisserait son fauteuil en 2020 et n'apportera son soutien à l'un ou l'autre des candidats à sa succession qu'en janvier.

En mars, son actuel premier adjoint (LREM), Alain Fontanel, sera opposé notamment au socialiste Mathieu Cahn, à l'écologiste Jeanne Barseghian et au candidat (LR) Jean-Philippe Vetter.

Notant la "chute vertigineuse" des forces militantes du PS, sa "perte d'influence" et sa parole "de plus en plus inaudible", Roland Ries ajoute qu'il y aurait "mieux à faire que de s'exclure les uns les autres".

"Le PS ne peut être aujourd'hui au mieux qu'une force d'appoint, y compris pour les municipales à venir", assure le maire de 74 ans, regrettant que "le fait de signer une tribune qui visiblement ne convient pas à M. Faure aboutisse à une exclusion informelle".

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