Euthanasie : elle veut mourir et interpelle les candidats à la présidentielle

Euthanasie : elle veut mourir et interpelle les candidats à la présidentielle
"Prenez donc vos responsabilités", a lancé Anne Bert aux candidats (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le vendredi 24 mars 2017 à 15h12

Une Française de 59 ans, condamnée par la maladie de Charcot qui paralyse progressivement tous ses muscles, a choisi de se rendre en Belgique pour pouvoir mourir dans la dignité. Elle estime que la loi Claeys-Leonetti, votée à l'unanimité en 2016, ne répond pas au droit des malades à disposer de leur corps.

Anne Bert ne veux pas d'"une mort violente.

Ni vivre grabataire avec une respiration artificielle". Elle aime "trop la vie pour cela". Dans une interview publiée vendredi 24 mars par Le Parisien, cette romancière et directrice de collection installée en Charente-Maritime explique qu'"en accord avec (s)a famille", elle a "décidé de devancer l'horreur" et d'aller mourir en Belgique, où le suicide médical assisté est autorisé.



Anne Bert s'est vue diagnostiquer sa maladie incurable en 2015. "Aujourd'hui, je ne peux plus tourner les pages d'un journal", explique-t-elle au quotidien. Ses mains ne répondent quasiment plus et la maladie progresse vite. Elle partira pour la Belgique quand elle "ne pourra plus se nourrir elle-même". D'ici à la fin de l'été selon les médecins. Dans la majorité des cas, la maladie entraîne la mort dans les trois ans qui suivent l'apparition des premiers symptômes. "Cela effraie mon entourage", ajoute-t-elle. "C'est un timing qu'ils n'imaginaient pas". "Plus on s'en rapproche, plus c'est dur", confie son mari, Rémi. "Il faut se projeter au quotidien. Et imaginer l'après".

LES CANDIDATS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE INTERPELLÉS

La France proscrit l'aide active à mourir mais autorise une mise "sous sédation profonde et continue jusqu'au décès". Cette sédation n'est possible qu'en cas de maladie incurable, de pronostic vital engagé à court terme ou encore de résistance aux traitements antidouleur. A contrario, la Belgique est un des pays européens à autoriser l'euthanasie. Habituellement réticents face aux demandes des patients étrangers, Anne Bret a obtenu la possibilité de se rendre outre-Quiévrain grâce à son entourage installé de l'autre côté de la frontière, explique-t-elle. L'euthanasie se déroulera "en milieu hospitalier" avec la prise d'un somnifère suivi d'une injection létale. "Je n'ai pas peur de la mort mais de la souffrance et de la déchéance physique", déclare-t-elle.


D'ici là, elle souhaite interpeler les candidats à l'élection présidentielle : "La loi Leonetti répond plus aux préoccupations des médecins qu'aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d'insupportables souffrances", écrit-elle dans une lettre adressée aux candidats. "Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d'y mettre fin par l'administration d'un produit létal ?", interroge-t-elle.

"Pour ma part, décider d'abréger ma fin de vie plutôt que de végéter emmurée avant de mourir est un choix éclaré en accord avec ma vision de l'existence, fait dans un état d'esprit lucide, et qui m'apporte un peu d'apaisement", poursuit-elle. "Persister à réfuser le droit de choisir sa fin de vie, c'est accepter que des Français déterminés à le faire se suicident de façon violente ou clandestinement aidés, ou encore aillent aillent mourir hors frontières. Prenez donc vos responsabilités". Seules les équipes de Benoît Hamon et Emmanuel Macron lui ont répondu. Le candidat socialiste et celui de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sont les deux seuls candidats à s'être déclarés pour l'euthanasie


"À un moment, la vie n'est plus la vie", déclare au quotidien Jean-Luc Romero, élu socialiste et président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), regroupant 70.000 adhérents. "Je ne suis pas un militant de l'euthanasie, je suis un militant de la liberté et du choix. Je suis pour qu'on respecte la volonté de chacun".

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