Européennes: Dupont-Aignan refuse pour l'heure la proposition de liste commune de Marine Le Pen

Européennes: Dupont-Aignan refuse pour l'heure la proposition de liste commune de Marine Le Pen
L'ancien candidat à l'élection présidentielle Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et l'ex candidate du Front National Marine Le Pen lors d'un point presse commun en avril 2017

AFP, publié le dimanche 03 juin 2018 à 13h44

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a opposé dimanche une fin de non-recevoir à Marine Le Pen, qui lui proposait de faire liste commune aux élections européennes, assurant dire "non à la cuisine politicienne".

Mme Le Pen a déploré, dans la foulée, cette annonce.

"Je prends mes responsabilités et je ne vais pas me dérober. Je dis à Marine Le Pen très clairement que sa proposition, même si ça part peut-être d'une bonne intention, n'est pas du tout à la hauteur de l'enjeu historique qui est devant nous (...) C'est une question de cuisine politicienne qui ne m'intéresse pas", a-t-il déclaré lors de l'émission Dimanche en politique sur France 3.

"Je considère que nous ne gagnerons demain que si nous sortons du seul tête-à-tête avec Marine Le Pen. Le tête-à-tête que nous avons eu à la présidentielle n'était pas suffisant (...). Je veux élargir (...) Aujourd'hui, c'est non à la cuisine politicienne", a affirmé celui qui avait rejoint Marine Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle, pour la soutenir face à Emmanuel Macron.

Après cette annonce, Marine Le Pen a considéré que ça n'était "pas très grave si Nicolas Dupont-Aignan, malgré les discours sur le rassemblement qu'il fait en toutes circonstances, malgré le fait qu'il exprime toujours que c'est l'intérêt supérieur du pays qui était à la base de son action, souhaite partir seul".

"Nous rassemblerons quand même. Nous rassemblons, nous, encore une fois, des gens qui viendront de l'ancienne droite ou de l'ancienne gauche", a ajouté la présidente du Rassemblement national (ex-FN), dans le Grand jury sur RTL et LCI.

- L'euro, un "des sujets communs" -

Dans une lettre ouverte datée de jeudi, Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais et finaliste de la présidentielle 2017, affirme avoir proposé à son homologue souverainiste de figurer "aux deux dernières places" d'une liste commune aux européennes, en suggérant "de (se) rencontrer" pour travailler à l'élaboration d'une "charte commune".

"Elle m'a écrit une lettre que j'ai lue dans la presse (...) Une lettre, alors que son bureau est quasiment juste en face du mien à l'Assemblée nationale. J'aurais aimé qu'elle vienne m'en parler, mais qu'importe la forme", a lâché le député de l'Essonne.

La présidente du FN a au contraire considéré sur RTL que "les manœuvres politiciennes, ça aurait été si nous étions allés tous les deux dans mon bureau à l'Assemblée, ou dans le sien, pour discuter des places de ceci, de cela".

"Quand je rencontre quelqu'un, je sais déjà ce que je veux", a encore taclé M. Dupont-Aignan. "J'ai entamé une action, il y a un an, les Amoureux de la France. Nous, on veut une démarche sérieuse, on part du projet. Une fois que ce projet sérieux sera élaboré", à la fin de l'été, "je l'enverrai à tous les responsables politiques qui disent combattre M. Macron et l'abandon de la France : Marine Le Pen, Laurent Wauquiez", le président des Républicains.

"Mme Le Pen, à ce moment-là, j'espère qu'elle aura travaillé de son côté, qu'elle aura clarifié sa position, parce que je ne la connais pas, sur l'euro notamment. J'espère que M. Wauquiez aura clarifié sa position et je leur dirai +unissons-nous tous ensemble+", a ajouté Nicolas Dupont-Aignan.

Mme Le Pen lui a répondu qu'elle allait "attendre avec grand intérêt de voir le projet Nicolas Dupont-Aignan", en faisant valoir qu'elle et lui avaient "déjà bossé ensemble, puisque précisément l'euro faisait partie des sujets communs de la présidentielle". 

Comme s'il voulait déjà anticiper les critiques, Nicolas Dupont-Aignan a ajouté: "Personne ne fera passer, et notamment aux yeux des électeurs du Front national, que je puisse être un diviseur, parce que, s'il y a un type qui a été courageux, qui a franchi le pas, c'est moi. En revanche, ce n'est pas parce que j'ai franchi le pas, que j'ai été d'une loyauté parfaite, que j'accepterai de partir aux européennes sur un programme bancal, pas clair".

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