Européennes 2019 : candidate déclarée, Nathalie Loiseau assure avoir cédé à d'"amicales pressions"

Européennes 2019 : candidate déclarée, Nathalie Loiseau assure avoir cédé à d'"amicales pressions"
La ministre des Affaires européennes, le 7 mars 2019, à Londres.

, publié le samedi 16 mars 2019 à 08h20

Après avoir répété de nombreuses fois qu'elle n'était pas candidate, la ministre des Affaires européennes a finalement annoncé jeudi soir à l'issue d'un face-à-face télévisé avec Marine Le Pen qu'elle le serait, suscitant des critiques sur la sincérité de ses déclarations initiales.

Entrée sur le plateau de L'Émission Politique sur France 2 jeudi soir 14 mars comme une possible tête de liste pour La République en Marche (LREM), Nathalie Loiseau en est ressortie comme candidate déclarée aux élections européennes du 26 mai.  "Madame Le Pen, je voudrais vous dire bravo. Bravo, parce que vous avez réussi à me faire changer d'avis", a déclaré la ministre des Affaires européennes en s'adressant à la présidente du Rassemblement national (RN) à la fin du débat. "Ce soir c'est vrai je suis prête à être candidate", a-t-elle ajouté, en précisant ne pas avoir mis au courant les "chefs de la majorité".


Jusqu'à présent, cette proche d'Alain Juppé répétait, sur un ton souvent agacé, qu'elle n'était "pas candidate" alors qu'un nombre croissant de partisans de la macronie la voyaient bien mener la liste LREM-MoDem pour le scrutin.

"Je ne joue pas la comédie"

Comment expliquer ce revirement ? La ministre a déclaré vendredi avoir cédé à d'"amicales pressions". "On ne dit pas facilement ni à la légère au revoir à ce type de responsabilités" ministérielles, notamment à un moment crucial autour du Brexit, a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse commune avec le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney. Elle a assuré avoir fait part de ses "hésitations" au président, au Premier ministre Édouard Philippe et à "tous ceux qui m'ont encouragée à penser à cette candidature, qui m'ont entourée de conseils et de pressions amicales".

"Oui j'ai changé d'avis. Certains ont pu écrire que j'étais mauvaise comédienne. Et bien cela tombe bien parce que je ne joue pas la comédie", a-t-elle répliqué alors que son revirement a suscité des critiques sur la sincérité de ses déclarations initiales. 

"Ces pressions amicales, je les ai entendues", a-telle ajouté."Ce n'est pas par narcissisme échevelé que je me suis rendue à ces conseils" mais en raison des "risques qu'un parti qui se dit nationaliste mais qui travaille activement au déclin de notre pays dans l'Union européenne fasse un bon score aux élections du 26 mai", a-t-elle ajouté en référence au Rassemblement national.

Emmanuel Macron au courant

Après avoir déclaré jeudi que les responsables de la majorité n'étaient pas au courant de ses intentions, elle a précisé vendredi que le président Emmanuel Macron l'était. "La politique c'est cela, c'est prendre un risque (...) Bien sûr le président était au courant que j'envisageais de l'annoncer prochainement", a-t-elle dit.

"Ce sont les responsables de cette majorité élargie qui jugeront si cette candidature recueille leur assentiment", a-t-elle martelé. "Je serai heureuse si c'est le cas et heureuse si je continue à exercer mes fonctions de ministre en charge des Affaires européennes", a-t-elle conclu.

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