Etudiante voilée : Eric Coquerel dénonce le "séparatisme" des députés qui ont quitté la salle

Etudiante voilée : Eric Coquerel dénonce le "séparatisme" des députés qui ont quitté la salle
Le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel à l'Assemblée, en mai 2020.

, publié le samedi 19 septembre 2020 à 13h30

De son côté, la présidente de la commission parlementaire devant laquelle l'étudiante s'est exprimée a regretté que le buzz autour du voile ait occulté le sujet de fond : les conséquences du Covid-19 sur les jeunes.

"S'il y a un séparatisme dangereux, il est lorsque des députés sortent d'une salle quand une jeune femme voilée vient à l'Assemblée nationale alors qu'elle en a le droit", a dénoncé le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel samedi 19 septembre sur franceinfo, revenant sur la réaction de certains députés LR et LREM qui ont quitté une salle d'audition de l'Assemblée après que Maryam Pougetoux, vice-présidente du syndicat étudiant Unef, s'y soit présentée voilée.  



La députée LREM Anne-Christine Lang a décidé "qu'elle ne va pas écouter, elle décide d'insulter la personne qui est en face", s'est insurgé Eric Coquerel, ajoutant que l'élue était "une séparatiste" qui "divise le peuple". Parmi les députés LR qui ont protesté contre la présence de l'étudiante voilée, "il y a une députée, Valérie Boyer, qui porte ostensiblement une croix, y compris dans l'Assemblée", a également souligné Eric Coquerel.

"Ça, ça ne leur pose pas de problème", a-t-il ironisé.

L'élu insoumis juge que c'est un "message terrible qui est envoyé" et que "ce n'est pas la laïcité, c'est la discrimination". Le député LFI estime qu'il y a "une espèce de droitisation, une espèce de racisme très clair qui est en train de s'emparer de la société française et qui fait que des gens décident vis-à-vis d'une seule religion, les musulmans, ce qui est tolérable ou pas." "On met un fantasme qui repose sur une question de racisme par rapport aux populations d'origine musulmane. C'est là qu'on risque de séparer", prévient-il. 

De son côté, la présidente de la commission parlementaire devant laquelle l'étudiante s'est exprimée a regretté que le buzz autour du voile islamique ait occulté le sujet examiné, les conséquences du Covid-19 sur les jeunes. "Depuis la fin des années 80 la question du voile hystérise le débat, alors que les questions de fond ne sont jamais abordées", déplore Sandrine Mörch (LREM) dans un communiqué. "Je regrette que le 'buzz' ait pris le pas sur le travail de fond et j'espère que cet incident aura au moins le mérite de mettre en lumière le travail de cette commission d'enquête", ajoute la députée de Haute-Garonne.

Sandrine Mörch indique que selon le règlement de l'Assemblée "seuls les députés ne peuvent pas ostensiblement faire état d'une croyance religieuse" et que "pour les visiteurs ou les personnes auditionnées le port de signes religieux n'est pas interdit". "L'étudiante a tenu des propos objectifs et pragmatiques décrivant des situations alarmantes" dans les universités françaises, relève-t-elle.

La députée souligne que "50% des jeunes sont inquiets pour leur santé mentale ; 38% de jeunes travaillent actuellement dans le cadre d'un contrat précaire ; 21,2% des 18 à 25 ans sont au chômage en France soit 600.000 jeunes, le plus gros contingent d'Europe, auxquels il faut ajouter les 700.000 personnes qui finissent leurs études et arrivent sur le marché du travail ; on assiste à une augmentation massive du nombre d'étudiants ayant recours à la banque alimentaire pour se nourrir". "Voilà ce qui doit créer le débat, voilà où se situe le sujet", estime l'élue.
 

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