Etudiant immolé à Lyon: Nuñez "comprend l'émotion" mais "condamne" les violences

Etudiant immolé à Lyon: Nuñez "comprend l'émotion" mais "condamne" les violences
Laurent Nuñez à l'Assemblée nationale le 12 novembre 2019

, publié le mercredi 13 novembre 2019 à 08h39

Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a dit mercredi "comprendre l'émotion légitime" après l'immolation d'un étudiant à Lyon mais "condamne les violences" qui ont visé notamment un bâtiment du ministère de l'Enseignement supérieur à Paris.

"Je condamne les violences de la nuit. On peut comprendre l'émotion légitime (...) On peut comprendre qu'il y ait des manifestations devant les Crous, mais les menaces de mort contre les responsables de Crous, les dégradations physiques, l'empêchement de l'ancien président de la République, François Hollande de tenir une conférence, sont des faits qui sont totalement inacceptables", a affirmé M. Nuñez sur France Inter. 

"L'Université est un endroit de libre expression et donc je condamne très fortement ces violences", a ajouté le secrétaire d'Etat. 

La ministre de l'Enseignement supérieur "Frédérique Vidal a fait en sorte que cette rentrée universitaire soit au coût le plus bas possible", a-t-il complété. 

Interrogé sur le risque de convergences des mobilisations, entre celle des étudiants, la perspective d'un mouvement d'ampleur contre la réforme des retraites et les "gilets jaunes", le secrétaire d'Etat a affiché sa "sérénité".  

"Nous observons la situation de manière extrêmement sereine sans aucune crainte particulière", a-t-il observé.  

"La revendication doit s'exprimer de manière légitime. Elle ne peut pas passer par des violences ou des blocages qui paralysent l'économie du pays", a-t-il souligné.

Plusieurs rassemblements de centaines d'étudiants en colère, à l'appel du syndicat Solidaire, se sont déroulés mardi dans plusieurs villes de France, notamment à Lyon où un étudiant de 22 ans s'est immolé vendredi devant un restaurant universitaire, et qui est toujours entre la vie et la mort.

En difficulté financière - il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l'université Lyon 2 - le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu mardi: "Aujourd'hui je vais commettre l'irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique".

A Paris, la grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur a été arrachée mardi soir par des manifestants, en marge d'un rassemblement d'étudiants qui s'est déroulé dans le calme devant le Crous.

A Lille, l'ancien président François Hollande a été empêché de donner une conférence à l'université par des manifestants dénonçant la précarité étudiante. 

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