Etat généraux de la justice : une "bonne nouvelle" pour un syndicat de police

Etat généraux de la justice : une "bonne nouvelle" pour un syndicat de police©Lionel BONAVENTURE / AFP

publié le samedi 05 juin 2021 à 18h07

"Il est temps vraiment de se mettre autour de la table et de pouvoir dégager des solutions rapides pour remettre tout ça debout", a estimé Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO, au micro de Franceinfo ce samedi 5 juin.

Des Etats généraux de la justice, organisés à la rentrée. C'est ce qu'a annoncé ce samedi 5 juin Emmanuel Macron, après être resté spectateur des polémiques sur l'état de la justice alimentées par la droite et les syndicats de policiers et à moins d'un an de la fin de son mandat.



Dans un bref communiqué d'annonce, l'Elysée a souligné le "profond attachement" du président à "la séparation des pouvoirs".

Il souhaite par ailleurs, a encore précisé l'Elysée, que "le Garde des Sceaux rende compte chaque année au Parlement de la politique pénale du gouvernement".

Pour Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO, c'est "une bonne nouvelle", a-t-il évoqué au micro de Franceinfo ce samedi.

"Il y a énormément d'intérêt pour les questions de sécurité, un vrai sentiment d'insécurité au niveau de la population, une crise de confiance à l'égard de la justice. Il est temps vraiment de se mettre autour de la table et de pouvoir dégager des solutions rapides pour remettre tout ça debout", a-t-il continué.



La police et les surveillants pénitentiaires également consultés ?

Le 19 mai, des dizaines de milliers de policiers avaient manifesté devant l'Assemblée nationale, en présence notamment du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de nombreux élus LR et RN, mais aussi d'élus de gauche, tels par exemple la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ou l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

La critique des lenteurs et d'un laxisme supposé des juges était parmi les principaux mots d'ordre des syndicats policiers à cette occasion. Elle a été reprise à leur compte par le Rassemblement national et de nombreuses voix parmi les Républicains.

Pour Grégory Joron, "ce n'est pas le procès de la justice que l'on doit faire, mais le procès de la politique pénale. Si on veut remettre les choses à peu près debout, il va falloir revoir les circulaires qui ont trop tranquillement et presque insidieusement détricoté le sens des sanctions pénales qui sont prises par les magistrats".

Puis d'ajouter : "Aujourd'hui, des agresseurs de forces de l'ordre sont condamnés à six mois de prison en comparution immédiate. Finalement, ils ne vont jamais faire une seule journée en prison et c'est ça qu'il faut démolir."

Le secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO demande à ce que la police soit également reçue, ainsi que les surveillants pénitentiaires. "Je pense qu'on a tous le même but : avoir un service public à la hauteur et surtout qu'on respecte ces deux piliers régaliens que sont la police et la justice", a conclu Grégory Joron.

Des Etats généraux "sans autocensure"

L'entourage du Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a précisé que les Etats généraux se dérouleront "sur plusieurs semaines à partir de la rentrée de septembre, et sans "autocensure". Tous les acteurs de la justice y seront conviés, "ainsi que les personnels pénitentiaires, les forces de sécurité intérieures et les citoyens".

"En tant que garant de l'institution judiciaire, il était temps qu'Emmanuel Macron ait une parole", juge en tous cas Cécile Mamelin, vice-présidente de l'USM, principal syndicat de magistrats. Et d'ajouter : "Ca doit inclure aussi la justice civile, qui est la justice du quotidien."

Les principaux syndicats de magistrats "demandent au président de la République depuis plusieurs mois de se positionner pour que la séparation des pouvoirs soit respectée", a également rappelé Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche).

"Ce dont la justice a besoin", a-t-elle insisté, "c'est d'arrêter les réformes incessantes, et de moyens".

Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, voit dans l'annonce présidentielle "plutôt une bonne chose". Son syndicat avait demandé en mai à Emmanuel Macron d'organiser des états généraux de l'administration pénitentiaire".

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