Eric Dupond-Moretti réaffirme sa sérénité face à sa mise en examen

Eric Dupond-Moretti réaffirme sa sérénité face à sa mise en examen
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, le 5 octobre 2021 à Condé-sur-Sarthe

publié le mardi 05 octobre 2021 à 23h00

"Je suis très serein" a réaffirmé mardi le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti interrogé sur sa mise en examen en juillet pour "prise illégale d'intérêts", excluant catégoriquement une démission du gouvernement.

"Si vous saviez ce que j'ai fait depuis que j'ai été mis en examen vous verriez que je suis pleinement ministre de la Justice", a affirmé le garde des Sceaux invité de BFM TV.

Interrogé pour savoir s'il avait songé à démissionner, il a répondu: "Pas du tout". "Si j'avais eu envie de démissionner, j'aurais démissionné", a-t-il dit.

Reconnaissant que sa mise en examen avait été "très difficile à vivre" pour lui et ses proches, M. Dupond-Moretti a dénoncé "une guerre" déclarée selon lui "par certains représentants de syndicats" de magistrats.

Le 16 juillet, à l'issue de six heures d'interrogatoire de la Cour de justice de la République (CJR), M. Dupond-Moretti a été mis en examen, une première pour un garde des Sceaux en exercice.

Il est soupçonné d'avoir profité de sa fonction pour régler ses comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat, ce qu'il réfute.

La CJR, seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour les crimes et délits commis "dans l'exercice de leurs fonctions", avait ouvert en janvier une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts" après les plaintes de syndicats de magistrats et de l'association Anticor dénonçant des situations de conflits d'intérêts dans deux dossiers.

Le premier concerne l'enquête administrative ordonnée en septembre 2020 par le garde des Sceaux contre trois magistrats du parquet national financier (PNF) qui ont fait éplucher ses relevés téléphoniques détaillés ("fadettes") quand il était encore une star des prétoires.

Dans le second dossier, il lui est reproché d'avoir diligenté des poursuites administratives contre un ancien juge d'instruction détaché à Monaco, Edouard Levrault, qui avait mis en examen un de ses ex-clients et dont il avait critiqué les méthodes de "cow-boy".

Les potentiels conflits d'intérêts du nouveau garde des Sceaux, soulevés dès son arrivée à la Chancellerie par les syndicats de magistrats, avaient finalement conduit fin octobre 2020 à l'écarter du suivi de ses anciennes affaires, désormais sous le contrôle de Matignon.

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