Eric Dupond-Moretti admet qu'il "ne pourra pas faire" toutes les réformes qu'il souhaite

Eric Dupond-Moretti admet qu'il "ne pourra pas faire" toutes les réformes qu'il souhaite
Eric Dupond-Moretti à l'Assemblée nationale, le 8 juillet 2020 à l'Assemblée nationale.

, publié le samedi 18 juillet 2020 à 09h23

Le nouveau garde des Sceaux a estimé vendredi qu'il ne pourrait pas mettre en oeuvre notamment la réforme de l'Ecole nationale de magistrature. "Je n'aurai pas le temps", a-t-il déploré.



Nommé depuis une dizaine de jours au ministère de la Justice, Eric Dupond-Moretti compte bien réformer l'institution judiciaire en France.

Le nouveau garde des Sceaux avait déjà assuré, au moment de sa prise de fonction, qu'il mènerait à son terme la réforme - maintes fois promise - du parquet, qui prévoit que les magistrats du parquet soient nommés sur avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), comme les magistrats du siège. 

Le ministre de la Justice a répété vendredi 17 juillet, lors d'une visite au tribunal judiciaire de Paris, cette promesse qui doit passer par une réforme constitutionnelle : "Je m'y suis engagé", a-t-il insisté. Le rattachement des magistrats du parquet à la Chancellerie nourrit depuis longtemps des critiques sur un supposé manque d'indépendance de l'institution judiciaire. 

En revanche, l'ancien avocat a admis qu'il y avait des réformes qu'il "rêverai(t) de faire" mais qu'il "ne pourrai(t) pas faire", citant par exemple celle de l'Ecole nationale de la magistrature. "Elle est le ferment d'un corporatisme mais ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il relevé. Partisan d'une séparation du siège et du parquet, donc des juges et des procureurs, il a redit qu'il y était "favorable". Mais, a-t-il ajouté, "je suis totalement clair, je n'aurai pas le temps".

M. Dupond-Moretti doit être entendu lundi par la commission des Lois de l'Assemblée nationale puis mercredi par celle du Sénat, qui comptent l'interroger sur l'indépendance du parquet, les mineurs et les moyens de la justice, selon des sources parlementaires à l'AFP.

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