Éric Ciotti : "Macron a raté le début de son quinquennat"

Éric Ciotti : "Macron a raté le début de son quinquennat"
Le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, en avril 2017 au siège de son parti à Paris.

Orange avec AFP, publié le dimanche 13 août 2017 à 08h45

Pour le député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, "le choc avec le mur de la réalité est assez violent" pour Emmanuel Macron, 100 jours après son élection. "Le bilan est en effet extrêmement léger : cent jours de communication outrancière, et très peu de mesures concrètes", estime-t-il dans une interview accordée au Journal du Dimanche (JDD).

"En 2007, lors des 100 premiers jours de Nicolas Sarkozy, avaient été votées des mesures fiscales majeures, la loi sur les peines plancher, celle sur l'autonomie des universités et celle sur le service minimum en cas de grève", affirme-t-il.

"Quel est le bilan du nouveau président à ce jour  ? Une loi de populisme antiparlementaire qui a pris pour cible de façon démagogique députés et sénateurs. Sur le régalien, la stricte continuité avec le quinquennat de François Hollande. Et rien pour mieux protéger les Français face au terrorisme, aucune mesure de baisse de la fiscalité et des charges et enfin une réforme du Code du travail qui est renvoyée à la rentrée avec un contenu qui reste incertain", résume-t-il.

"ON LE DÉCOUVRE MANIPULATEUR ET CLANIQUE"

"Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura une augmentation massive de la CSG, de 1,7 point, et qu'elle ne sera pas compensée pour 8 millions de retraités", dénonce-t-il. "Les 5,5 millions de fonctionnaires verront aussi leur pouvoir d'achat fortement amputé par cette hausse de la CSG. Je pose donc la question : le gouvernement va-t-il compenser pour les fonctionnaires ? S'il compense, c'est tout son équilibre budgétaire qui sera remis en cause".



Éric Ciotti n'accorde aucun point positif au chef de l'État : "Emmanuel Macron et ceux qui l'entourent ont raté le début de ce quinquennat. La campagne électorale avait bâti l'image d'un président ouvert et rassembleur. On le découvre manipulateur et clanique". Et de poursuivre : "Le Premier ministre a quasiment disparu. Les ministres, à une ou deux exceptions près, dont Jean-Michel Banquer (le ministre de l'Éducation nationale, ndlr) sont extrêmement faibles. Les élus locaux considérés comme une variable d'ajustement financier. Le Parlement est méprisé comme jamais... Avec Emmanuel Macron, nous sommes en marche vers une forme de pouvoir personnel totalement concentré entre les mains d'un seul homme, qui confond institutions et communication".

"L'OPPOSITION SERA À NOUVEAU INCARNÉE PAR UN VISAGE"

La sortie programmée en novembre de l'état d'urgence est, selon lui, "irresponsable et présente un risque majeur" pour la sécurité des Français. "Cela participe de la même logique que la baisse des budgets des ministères régaliens, qui seront amputés de 1,5 milliard d'euros de crédits en 2017. Ces décisions ne sont pas seulement des erreurs politiques, mais bien des fautes qu'il faut dénoncer", affirme-t-il. L'attaque survenue mercredi à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) "nous rappelle que la menace terroriste reste maximale. Ce n'est donc pas le moment de baisser la garde".


Interrogé sur l'état de son parti, Éric Ciotti fait valoir qu'après l'élection du nouveau président des Républicains en décembre, "l'opposition sera à nouveau incarnée par un visage". "Nous avons failli disparaître, mais aujourd'hui plus que jamais, Les Républicains constituent une force, avec 100 députés libres et indépendants", affirme-t-il. "Je souhaite que ce nouveau président soit Laurent Wauquiez et je le soutiendrai de toutes mes forces. Je sais qu'il a la volonté de rassembler, de renouveler et surtout de proposer un projet politique cohérent et courageux, autour des valeurs d'une droite qui enfin s'assume et n'a plus honte d'être elle-même. L'eau tiède nous a trop longtemps conduits à la défaite".

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