Entre Macron et Poutine, des désaccords... et des intérêts

Entre Macron et Poutine, des désaccords... et des intérêts
Emmanuel Macron et Vladimir Poutine au Château de Versailles en mai 2017.
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leparisien.fr, publié le mercredi 23 mai 2018 à 20h55

Iran, Syrie, droits de l'homme, espion empoisonné... Les sujets de tension sont nombreux entre les deux chefs d'Etat. Mais ils ont aussi des intérêts communs.

Immortalisée le 15 mai, l'image est éloquente. En jean, au volant d'un gros camion orange, à la tête d'une colonne d'une dizaine de poids lourds, Vladimir Poutine inaugure le pont le plus long d'Europe : 19 km pour relier la Russie à la Crimée, cette péninsule de l'Ukraine qu'il a annexée en 2014.

Une mise en scène habituelle de la geste tout en muscle du maître du Kremlin. Comme pour dire, aussi, qu'il fait bien peu de cas de cette Union européenne qui condamne cette annexion à grands cris et à coups de sanctions économiques très lourdes pour l'économie russe.

Entre cette Europe emmenée par Emmanuel Macron et l'ancien espion du KGB, les points de frictions sont multiples. Plus récemment, l'empoisonnement, début mars, en Angleterre, de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille a abouti à une nouvelle crise diplomatique, avec expulsion croisée de diplomates au sein de l'Union (notamment quatre Russes expulsés de France, autant de Français congédiés de Moscou).

Sans parler des grands dossiers internationaux, au premier rang desquels le nucléaire iranien. « Nous avons avec la Russie beaucoup de désaccords, expliquait ce mercredi, Jean-Yves Le Drian, patron de la diplomatie tricolore, sur les ondes de France Inter. Mais nous avons aussi des intérêts. »

Sauver l'accord de Vienne

L'Elysée et le Kremlin souhaitent, en effet, sauver l'accord de Vienne conclu en 2015, même si leurs positions sont divergentes sur la manière d'y parvenir. Pour Paris, l'accord doit ainsi être élargi à un texte plus global là où Moscou, à l'instar de Téhéran, entend qu'il soit maintenu en l'état.

Sur la Syrie, les positions sont moins clivées que du temps de François Hollande : Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar el-Assad, dont Moscou reste l'indéfectible allié, un préalable au règlement de la crise en Syrie.

Autre motif de crispation : la situation des droits de l'homme dans ce pays. Emmanuel Macron devrait rencontrer ce soir des « représentants de la société civile russe », indique son programme. Manière très diplomatique d'évoquer les présidents d'ONG pour ne pas froisser son hôte. Outre ces désaccords, Paris et Moscou semblent déterminés à travailler ensemble. Une cérémonie « d'échange d'accords » est prévue ce soir à Saint-Pétersbourg.

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